Air Cocaïne : "Ils ont eu l'opportunité de s'évader, ils ont bien fait"

Air Cocaïne : "Ils ont eu l'opportunité de s'évader, ils ont bien fait"

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LA GRANDE ÉVASION - La défense des deux pilotes, condamnés à 20 ans de prison et qui ont fui la République dominicaine pour la France samedi, s'est employée à justifier l'évasion de Bruno Odos et Pascal Fauret. Ce dernier, présent à la conférence de presse organisée mardi à Paris, se dit prêt à s'expliquer devant la justice française.

Opération légitimité pour Pascal Fauret et Bruno Odos. Après l'évasion rocambolesque vers la France des deux pilotes français, condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine pour trafic de drogue, leur défense s'est employée mardi après-midi à justifier leur décision en donnant des gages à la justice française.

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"Il était important que l'évasion de cette justice dominicaine se fasse au grand jour, c'est pour ça que vous (les médias, ndlr) êtes ici. Pour signifier au juge marseillais en charge d'une partie de l'affaire que ces deux hommes ne sont pas en fuite ! Ils sont à la disposition de la justice", a martelé l'un de leurs nouveaux avocats Eric Dupond-Moretti, durant une conférence de presse organisée dans son cabinet parisien. 

"Pas une équipe barbouzarde"

Refusant de parler des "modalités de leur évasion" spectaculaire, qui "ne constitue pas", selon lui, "une infraction", l''homme de droit a estimé qu'ils avaient "eu raison de partir parce que cette procédure […] n'est pas équitable. Ils ont eu l'opportunité de s'évader, de sortir de cet enfer, ils ont bien fait". Les deux pilotes, condamnés pour avoir transporté une cargaison de cocaïne dans l'avion dont ils avaient la charge, ont été victimes d'une justice arbitraire, a clamé leur défense.

Seul élément communiqué sur leur fuite, organisée à l'aide d'un commando composé d'anciens militaires, "ce n'est pas une équipe barbouzarde qui a agi avec l'Etat français mais une initiative personnelle". Avant de rejeter les accusations d'"absence de solidarité" vis-à-vis des deux autres Français également condamnés dans cette affaire et restés là-bas. "Nul besoin de rajouter de la culpabilité à une situation humainement difficile".  

"Cette affaire a pris ma vie" 

Après l'opération déminage de ses avocats, le pilote Pascal Fauret, traits tirés, a enfin pris la parole. Son copilote Bruno Odos, trop "éprouvé" selon son entourage, n'était pas présent. "Cette décision, je l'ai prise après le verdict", a-t-il témoigné évoquant un jugement "inique, scandaleux" pour "la seule et bonne raison qu'ils étaient français". Dans la nuit du 20 mars 2013, Pascal Fauret avait été arrêté aux côtés de trois autres Français sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana alors qu'il s'apprêtait à prendre les commandes d'un avion chargé de 26 valises contenant 680 kilos de cocaïne. "J'ai été enfermé dans un cachot pendant 15 jours, puis dans un quartier de haute sécurité. On m'a rasé la tête, puis on m'a jeté dehors sans papier", a-t-il poursuivi.  

L'homme qui s'est dit très "fatigué" par cette "affaire qui a pris toute (sa) vie" a promis de rendre des comptes à la justice de son pays. "Je n'ai pas encore touché terre, il y a des épreuves à venir, je sais que ça va être long (...) J'espère en finir pour reprendre le cours da ma vie normale, celle que j'avais avant que cette catastrophe me tombe sur la tête. Je suis rentré pour ça, il faut que ça se termine". 

"Pas un vol de copains"

Interrogé sur les conséquences de son évasion sur les deux autres Français restés à Saint-Domingue, le pilote a estimé que "le fait de ne plus répondre aux contraintes de l'astreinte judiciaire en République dominicaine n'affecte en rien" leur conduite. Et d'ajouter : "Nous n'étions pas mariés. Depuis le départ, nous avons été noyés dans la dénomination 'les quatre Français' mais ce n'était pas un vol de copains. J'étais là dans le cadre de mon travail". 

Venu le soutenir, le sénateur UDI Olivier Cadic s'est "réjoui" de leur décision de regagner la France. "C'est ma conviction, ils n'ont vraiment rien à se reprocher", a ajouté le parlementaire, présentant les deux pilotes comme "deux types épatants".

 

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