"Air Cocaïne" : six questions pour une incroyable évasion

"Air Cocaïne" : six questions pour une incroyable évasion

OPÉRATION COMMANDO - Les deux pilotes français condamnés en août dernier à 20 ans de prison à Saint-Domingue, en République Dominicaine dans une affaire de drogue sont revenus en France samedi après une exfiltration spectaculaire. Les acteurs de cette opération : d'anciens militaires. L'Etat français nie toute implication dans cette évasion. Le point sur l'affaire.

Scénario digne d'un film thriller après le spectaculaire rebondissement dans l'affaire Air Cocaïne. Les révélations sur l'évasion vers la France des deux pilotes condamnés en République dominicaine dans une affaire de trafic de drogue se succèdent.

Rappelons que Pascal Fauret et Bruno Odos avaient été arrêtés en 2013 et condamnés en août 2015 à 20 ans de prison pour avoir transporté 680 kg de cocaïne dans un jet privé qu'ils s'apprêtaient à faire décoller. Deux autres Français ont été condamnés dans l'affaire. Ils ont toujours clamé leur innocence. Metronews fait le point sur cette exfiltration.

Qui a organisé l'évasion ?
L'évasion des deux pilotes aurait été possible grâce à l'aide d'anciens militaires, des "copains marins" avec lesquels ils avaient noué par le passé des amitiés solides lorsqu'ils travaillaient à l'Aéronavale, service aérien de la marine française, selon informations de  BFMTV . Deux anciens agents de la DGSE auraient également été de la partie. Comme le soulignaient lundi Valeurs actuelles et Le Figaro, les autorités dominicaines s'inquiétaient depuis plusieurs jours de la disparition des deux condamnés.

Ces derniers auraient prétexté faire une balade touristique en mer, profitant ensuite du périple pour rejoindre le bateau du commando, qui les aurait conduits jusqu'à l'île Saint-Martin, aux Antilles. De là, munis de passeports fournis par le commando, ils auraient pris l'avion de ligne qui les a conduits à Roissy-Charles-de-Gaulle samedi après-midi. BFMTV a publié une photo de l'opération (voir photo ci-dessous). Mardi après-midi, Eric Dupond-Moretti, l'un des avocats des pilotes, qui a tenu une conférence de presse a assuré que les hommes impliqués dans leur évasion n'étaient pas une "équipe barbouzarde qui a agi avec l'Etat français". "Il s'agit d'une initiative personnelle", a-t-il assuré. 

EN SAVOIR + >> L'extradition, comment ça marche ?

Interrogé par BFMTV, Nicolas Pisapia, l'un des deux Français condamnés restés en République dominicaine, a indiqué qu'il était pour l'heure "assigné à résidence". "Il est à craindre que je sois à nouveau incarcéré", a-t-il expliqué, précisant qu'il sollicitait "le soutien des autorités diplomatiques" alors qu'il attend son procès en appel dans cette affaire. Il recevra la semaine prochaine la visite de soutien du député écologiste Sergio Coronado. L'autre Français resté sur place, Alain Castany, "risque une amputation", selon son avocat, après avoir été fauché par une moto à Saint-Domingue alors qu'il était en liberté surveillée. 

EN SAVOIR + 
>>  Les deux autres condamnés s'inquiètent pour leur sort
>> "Un acte irresponsable et déloyal", explique Alain Castany, un des deux autres condamnés

 Quelles suites judiciaires en France pour les deux pilotes ?
Depuis leur retour sur le territoire français, les deux pilotes ont demandé à être "entendus rapidement" par la juge d'instruction chargée de l'enquête française à Marseille, ouverte après l'interception en 2013 de l'avion bourré de cocaïne. Une dizaine de personnes sont mises en examen notamment pour importation de stupéfiants en bande organisée dans ce volet marseillais, dont les deux pilotes. S'ils ont fui la République dominicaine, c'est pour "s'expliquer" devant la justice française, a déclaré Pascal Fauret ce mardi. Le procureur de la République de Marseille Brice Robin a simplement précisé que "des décisions sont en gestation" après l'arrivée des deux pilotes sur le territoire français.

Qui est Aymeric Chauprade, "au plus près de l'opération" ?
Selon  Dominique Rizet, consultant de BFMTV , l'homme politique impliqué dans l'opération d'exfiltration serait l'eurodéputé FN Aymeric Chauprade, chantre du "choc des civilisations", spécialiste des relations internationales et enseignant au Collège interarmées de Défense (CID). Le 21 octobre, l'eurodéputé s'affichait en compagnie des pilotes, relayant le message selon lequel aucune issue judiciaire équitable ne serait trouvée en République dominicaine. "Je les ai trouvés très combatifs […] C'était clair pour eux : il fallait s'évader", a d'ailleurs déclaré l'eurodéputé sur  RTL Matin , refusant toutefois de s'exprimer sur son éventuelle participation à l'opération. Ce mardi, le pilote Pascal Fauret a relativisé son implication, expliquant qu'il faisait uniquement partie du "comité de soutien". 

EN SAVOIR + >> Lire ici notre portrait d'Aymeric Chauprade


 Quel rôle ont joué les autorités françaises dans cette évasion ?
Le quai d'Orsay a fini par sortir de son silence, mardi en début d'après-midi, affirmant que l'Etat français n'était "nullement impliqué" dans le retour des deux pilotes. "Nous prenons acte du retour en France de nos deux compatriotes. Leur décision est un acte individuel dans lequel l'Etat n'est nullement impliqué", a ainsi déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.

 Quelle est la réaction de la République dominicaine ?
Le procureur général Francisco Dominguez Brito a annoncé que la République dominicaine allait lancer un mandat d'arrêt international contre les deux pilotes qui avaient interdiction de quitter le territoire dominicain.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Présidentielle 2022 : pourquoi Eric Zemmour taxe-t-il Marine Le Pen de "femme de gauche" ?

En plein conflit sur les licences de pêche post-Brexit, deux navires britanniques verbalisés en baie de Seine

Tir mortel d’Alec Baldwin : nouvelles révélations sur la jeune armurière Hannah Gutierrez Reed

Dans le Gard, le geste héroïque d'un élève de 9 ans pour sauver son camarade de l'étouffement

Covid-19 : un antidépresseur déjà sur le marché efficace pour réduire les hospitalisations ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.