Syrie : le plus grand hôpital des quartiers rebelles d'Alep de nouveau sous les bombardements

GUERRE - À Alep, en Syrie, le plus grand hôpital situé dans la partie de la ville tenue par les insurgés a été la cible d’au moins deux barils d’explosifs.

Le conflit sur le sol syrien est interminable. La ville d’Alep étant plus que jamais assaillie par les troupes gouvernementales. Samedi 1er octobre, la Syrian American Medical Society (SAMS) a rapporté que le plus grand hôpital des quartiers rebelles de la ville a été la cible d’au moins deux  barils d’explosifs. "Deux barils ont frappé l’hôpital M10, et il y a des informations sur l’utilisation d’une bombe à fragmentation", a ainsi indiqué  Adham Sahloul, responsable de SAMS. L’ONG, basée aux États-Unis, gère l’hôpital en question à Alep. Mercredi 28 septembre, l’établissement avait déjà été victime de plusieurs bombardements faisant deux morts et trois blessés. Un second hôpital avait également été pris pour cible. Un générateur avait été complètement détruit. Les récents bombardements ont rendu inopérables deux des six hôpitaux de la ville, Alep étant la deuxième plus grande municipalité syrienne après Damas.

Tirs à l’artillerie lourde

Le conflit entre les rebelles et les forces gouvernementales de Bachar al Assad ne se désamorcent pas. Dans la nuit de vendredi 30 septembre à samedi 1er octobre, des tirs d’artillerie lourde ont frappé les quartiers nord d’Alep tenus par les insurgés, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’armée gagne peu à peu du terrain, soutenue par les frappes aériennes russes, premier allié du régime syrien. 

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Depuis la fin de la trêve, le 22 septembre dernier, les rebelles ont perdu plusieurs positions dans le nord-est de la ville. Les forces pro-gouvernementales menacent désormais les quartiers insurgés de Hellok et Haydariyé. Selon l’OSDH, d’autres raids aériens étaient en cours samedi matin, toujours dans la partie de la ville aux mains des rebelles. En milieu de matinée, ce 1er octobre, l’organisation était cependant dans l’incapacité de fournir un bilan des victimes. 

La communauté internationale impuissante

Depuis la fin de la dernière trêve, plusieurs voix à l’internationale se sont fait entendre pour demander l’arrêt des massacres. Ainsi, jeudi 29 septembre, Jean-Marc Ayrault a annoncé que la France comptait faire passer une résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies imposant un cessez-le-feu à Alep. Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires Étrangères a déclaré qu’il ne souhaitait pas que la ville syrienne devienne "le Guernica du XXIème siècle". En parallèle, les relations entre les États-Unis et la Russie sur le dossier syrien paraissent plus tendues que jamais. Washington a menacé en fin de semaine de rompre les négociations avec Moscou, reprochant notamment aux Russes la conduite de raids aériens sur Alep depuis le 22 septembre. Vendredi 30 septembre, Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires Étrangères russe a indiqué que son pays était prêt à poursuivre les négociations avec les États-Unis, mais que pour cela, Washington devait respecter l’accord conclu le 10 septembre dernier. Celui-ci impliquait l’arrêt du soutien aux forces rebelles proches du front islamiste Fatah al-Cham (anciennement le Front al-Nosra). 

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De son côté, l’ONU exhorte les puissances internationales étasunienne et russe de faire cesser le massacre à Alep. Le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence plaidant pour une continuation des négociations en vue d’un accord de paix et demandant l’instauration d’une "pause humanitaire de 48 heures par semaine".

80% des convois non acheminés

L’aide humanitaire arrive en effet de façon très sporadique sur le sol syrien.  Selon une enquête du quotidien britannique The Guardian, plus de 80 % des convois des Nations Unies dont l’acheminement a été approuvé par le régime syrien n’arrive pas à destination ou est retardé. Sur le mois de septembre, seuls six des 33 convois ont passé la frontière, le premier ayant reçu une autorisation le 19 septembre. Une partie de l’équipement médical a cependant été déchargé par les autorités syriennes avant de laisser passer les véhicules, affirme le journal anglais. La situation à Alep est encore plus préoccupante. Selon le Guardian, aucun convoi de l’ONU n’a pu avoir accès à la ville depuis le 7 juillet dernier.

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