Alexeï Navalny annonce débuter une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention

Alexeï Navalny annonce débuter une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention

PROTESTATION - Depuis son camp de détention, à 100 km de Moscou, Alexeï Navalny a annoncé ce mercredi débuter une grève de la faim. Il souhaite par ce biais attirer l'attention sur l'absence d'accès à des soins et la "torture" qu'il subit par privation de sommeil.

Infatigable militant anti-corruption et principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny a dénoncé à plusieurs reprises ces dernières semaines ses conditions de détention dans le camp de Pokrov, 100 km à l'est de Moscou, réputé comme l'un des plus durs de Russie. Ce mercredi, l'opposant russe passe à la vitesse supérieure. Incarcéré dans une colonie pénitentiaire, il a annoncé  une grève de la faim pour protester contre l'absence d'accès à des soins et la "torture" qu'il subit par privation de sommeil.

"Je déclare une grève de la faim pour demander l'application de la loi et pour qu'on laisse un médecin venir me voir", a-t-il écrit sur son compte Instagram.

Toute l'info sur

Navalny-Poutine : le conflit sans fin

Des craintes autour de la santé d'Alexeï Navalny

Selon lui, l'administration pénitentiaire refuse de lui donner accès à un médecin et de lui fournir des médicaments alors qu'il dit souffrir d'un nerf coincé dans le dos. "Le mal de dos s'est déplacé vers la jambe. Des zones de ma jambe droite et maintenant de ma jambe gauche ont perdu leur sensibilité. Blagues à part, c'est ennuyeux", indique Alexeï Navalny, qui dit passer son temps allongé sur son lit et est persuadé qu'il risque de perdre sa jambe droite par manque de soins. "J'ai très mal au dos, sans pouvoir me plier ni me redresser", écrivait-il le 26 mars, assurant n'avoir reçu qu'une seule fois quelques cachets d'Ibuprofen, un médicament anti-inflammatoire. L'homme de 44 ans assure également être privé de sommeil en étant réveillé "huit fois par nuit".

Ses proches ont dit la semaine dernière craindre pour sa santé en détention. Les services pénitentiaires ont, eux, assuré qu'il se trouvait dans un état "satisfaisant". Son avocate Olga Mikhaïlova avait notamment estimé que les problèmes de santé actuels de l'opposant pouvaient être liés à son empoisonnement à l'été dernier et estimé que sa vie était menacée.

Mauvais traitements et avertissements à répétition

Au delà de son état de santé, Alexeï Navalny a révélé faire constamment l'objet de rapports disciplinaires dans la colonie de Pokrov, pour s'être "levé de son lit 10 minutes" trop tôt ou encore pour un "refus de participer" aux exercices physiques matinaux obligatoires. L'administration refuserait d'autre part de lui donner des livres à part la Bible et aurait fait en sorte que les autres détenus "ne nettoient pas autour" de son lit. "Ils disent simplement : '(Alexeï), je suis désolé, mais nous avons simplement peur (...) La vie d'un prisonnier vaut moins qu'un paquet de cigarettes'", a-t-il écrit.

Lundi, Alexeï Navalny a affirmé avoir reçu plusieurs avertissements depuis son incarcération, ce qui l'expose à un possible placement en cellule disciplinaire. Il avait qualifié la colonie de Pokrov de "camp de concentration" et comparé son quotidien à celui d'un "Stormtrooper" dans le "remake russe de la Guerre des étoiles" en raison de la rude discipline en place. Son épouse Ioulia Navalnaïa a dénoncé une "vengeance personnelle" du Kremlin, accusant Vladimir Poutine d'avoir incarcéré son mari par "crainte d'une concurrence politique".

En vidéo

Pokrov 2 la colonie pénitentiaire où Navalny va purger sa peine

Lire aussi

L'opposant russe avait été victime en août 2020 d'un empoisonnement au Novitchok, agent innervant développé à l'époque soviétique à des fins militaires. Il en impute la responsabilité au Kremlin, qui dément toute implication. Il était revenu à Moscou en janvier de cinq mois de convalescence en Allemagne, dont trois semaines de coma, et avait été immédiatement interpellé et incarcéré. Alexeï Navalny a ensuite été condamné à deux ans et demi de prison dans une affaire de fraude datant de 2014, que lui-même, les ONG et de nombreuses capitales occidentales jugent politiquement motivée. Il a été également visé par de multiples procédures judiciaires.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Un morceau de fusée chinoise continue sa chute vers la Terre, sans que l'on sache sa destination

Météo estivale pour quasiment tout le monde ce week-end, des pointes à 32°C attendues !

EN DIRECT - Covid-19 : le nombre de patients en réanimation poursuit sa baisse

Avignon : qui était le policier abattu ?

Nick Kamen, l'ex-protégé de Madonna, est mort à 59 ans

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.