Algérie : Saïd Bouteflika, frère de l'ex-président, condamné à 15 ans de prison

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L'Algérie se soulève contre Bouteflika

JUSTICE - Jugé pour "atteinte à l'autorité de l'armée" et "complot contre l'autorité de l'État", Saïd Bouteflika a écopé d'une peine de 15 ans de prison ce mercredi. Le frère cadet du président déchu Abdelaziz Bouteflika, devenu "régent" à partir de 2012, avait été incarcéré le 5 mai dernier.

À procès sans précédent, peine exemplaire. Un tribunal militaire algérien a condamné à quinze ans de prison Saïd Bouteflika, frère du président déchu Abdelaziz Bouteflika, jugé pour "atteinte à l'autorité de l'armée" et "complot contre l'autorité de l'État", a rapporté mercredi 25 septembre l'agence officielle APS. Le parquet de Blida avait requis mardi vingt ans de prison contre l'ancien "homme de l'ombre", qui était devenu "régent" à partir de 2012 en raison de la maladie de son frère, et pour les autres prévenus jugés dans ce procès, ouvert lundi. Seuls les avocats et les familles des accusés ont le droit d'assister aux audiences.

Jugés dans la même affaire, le général "Toufik" et son successeur à la tête du renseignement Athmane Tartag, ainsi que la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune, ont écopé du peine similaire à Saïd Bouteflika. Le tribunal a également condamné à vingt ans de prison l'ex-ministre de la Défense et ancien chef d'état-major Khaled Nezzar, son fils Lotfi, ainsi que Farid Benhamdine, gérant de la Société algérienne de pharmacie, tous les trois jugés par contumace.

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Ce procès emblématique a lieu après une vague d'arrestations massives dans l'entourage d'Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission début avril après des mois d'un mouvement de contestation inédit. Des enquêtes judiciaires avaient ensuite été ouvertes sur des faits présumés de corruption visant d'ex-hauts responsables politiques et des hommes d'affaires, accusés d'avoir profité de leurs liens privilégiés avec le régime. Dans ce cadre, le frère du président déchu et les deux anciens patrons du renseignement avaient été incarcérés le 5 mai, suivis de Louisa Hanoune, cheffe du PT, placée en détention provisoire.

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La défense avait admis que Louisa Hanoune avait participé à une réunion avec Saïd Bouteflika et le général "Toufik" le 27 mars, au lendemain d'une déclaration du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, demandant publiquement le départ du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Quelques jours plus tard, le général Gaïd Salah avait accusé, sans les nommer, l'ancien homme fort du régime et les généraux Mediene et Tartag de comploter contre l'armée.

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