Algérie : Ali Benflis, l'homme qui rêve de faire chuter Bouteflika

Algérie : Ali Benflis, l'homme qui rêve de faire chuter Bouteflika

DirectLCI
PORTRAIT - A la veille de l'élection présidentielle en Algérie, il est celui sur lequel reposent les espoirs d'une majorité des opposants au président sortant. Mais malgré la détermination qu'il affiche, Ali Benflis devrait assister impuissant à la réélection de son ancien mentor. Retour sur l'itinéraire d'un fidèle devenu rival.

Jeudi pour la présidentielle, les électeurs algériens auront le choix entre 6 bulletins de vote. Dans les faits, c'est une quatrième réélection d'Abdelaziz Bouteflika qui s'annonce. Mais parmi tous ses concurrents, l'un a cristallisé durant toute la campagne l'opposition au président sortant : son ancien Premier ministre Ali Benflis. "Certains disent 'c'est nous ou le déluge'. On préfère le déluge", lançait-il ce week-end dans l'un de ses derniers meetings. Le parcours de cet homme du sérail n'a pourtant rien de celui d'un révolutionnaire.

"Si les élections sont truquées, je ne me tairai pas"

Il y a quinze ans, en effet, rien ne pouvait laisser présager de la situation d'aujourd'hui. Le directeur de la première campagne présidentielle victorieuse d'Abdelaziz Bouteflika, en 1999, n'était autre que... Ali Benflis. Le magistrat de formation, ex-ministre de la Justice, est alors depuis deux ans député du FLN, le parti du futur président. Une fois celui-ci élu, il deviendra rapidement son homme de confiance, jusqu'à être son Premier ministre de 2000 à 2003. Mais alors qu'il est perçu comme le futur dauphin du patriarche, il sera brutalement limogé, et décidera de tenter sa chance.

Lors de la présidentielle de 2004, Ali Benflis se présente une première fois, ne recueillant que 6,42% des voix. "Le vainqueur a été la fraude et le grand perdant la démocratie", analyse-t-il aujourd'hui, candidat une deuxième fois après une longue traversée du désert. A tel point que la fraude est devenu son principal cheval de bataille. "Si jamais les élections sont truquées, je ne me tairai pas, a-t-il encore prévenu mardi. Par anticipation, il a annoncé l'envoi d'une "armée" de 60.000 observateurs dans tout le pays. Qui pourraient bien secouer le pays si le principal outsider s'appuyait sur ce réseau pour annoncer, jeudi soir ou vendredi, sa qualification pour un second tour. Or cela, le pouvoir en place ne l'a absolument pas prévu...

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter