Macron en Algérie : la santé de Bouteflika, objet de toutes les spéculations

Macron en Algérie : la santé de Bouteflika, objet de toutes les spéculations

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RENDEZ-VOUS - Emmanuel Macron se rend en Algérie ce mercredi 6 décembre. Une visite durant laquelle il doit rencontrer son homologue Abdelaziz Bouteflika, affaibli depuis un AVC en 2013 et dont la santé attise les rumeurs dans son pays.

Une arrivée en fauteuil roulant, sans faire la moindre déclaration. Abdelaziz Bouteflika a fait une brève apparition le 23 novembre dernier à l’occasion des élections locales en Algérie. Mais il n’en fallait guère plus pour relancer les spéculations sur son état de santé. Âgé de 80 ans, le président algérien est en effet très affaibli depuis un accident cardio-vasculaire cérébral en 2013. Cela ne devrait pas empêcher une rencontre avec Emmanuel Macron, en déplacement ce mercredi dans le pays.


Un tête à tête est en effet prévu entre les deux hommes mercredi après-midi à l’occasion de la première visite du président français sur le sol algérien depuis son élection. Une visite "importante", souligne-t-on à l'Elysée, qui intervient à un moment où Emmanuel Macron souhaite "souligner la profondeur des liens" entre les deux pays. Reste à savoir si l'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika permettra une photo-souvenir avec son homologue. 

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En mars dernier, la télévision publique a diffusé de rares images du président Bouteflika

L'"exhiber pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours en vie"

Il faut dire que la santé du président algérien est l'objet de toutes les spéculations depuis 2013 et son accident. Celui-ci a en effet affecté son élocution et sa mobilité, raison pour laquelle il n'apparaît plus que rarement en public. Un AVC qui devrait le contraindre à quitter le pouvoir dès maintenant, estiment ses détracteurs. Parmi eux : Ahmed Taleb Ibrahimi, l'ex-ministre des Affaires étrangères et candidat à la présidentielle en 1999, et l'avocat Ali Yahia Abdenour, ancien ministre et doyen des militants des droits de l'Homme en Algérie. Le 8 novembre, ils ont accusé "ceux qui détiennent véritablement le pouvoir, à savoir l’entourage familial du président et un groupe de puissants oligarques", de l'"exhiber pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours en vie" et de "préparer la candidature pour un cinquième mandat présidentiel d’un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer" -le prochain scrutin est prévu en 2019.


Un mandat qu'Abdelaziz Boutflika pourrait effectivement briguer. C'est en tout cas ce que rapporte son entourage. Inconcevable, estiment des personnalités de l'opposition, des intellectuels ou des universitaires. Ceux-ci ont relancé des appels à la destitution du chef de l'Etat, demandant que soit déclaré son empêchement, conformément à l'article 102 de la Constitution. Celui-ci prévoit que "lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit (...) et propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement". Mais les signataires estiment, comme d'autres observateurs, que l'article 102 est impossible à mettre en oeuvre, les membres du Conseil constitutionnel étant nommés par le chef de l'Etat et par des institutions aux mains du pouvoir…

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