Algérie : un crime homophobe suscite la colère dans une université

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ALGÉRIE - Un étudiant en médecine a été assassiné dans sa chambre universitaire à Alger. Ses bourreaux ont écrit "il est gay" avec son sang sur un mur. Un drame qui a ému ses collègues.

C'est dans sa chambre universitaire à Alger qu'Assil Belalta a été retrouvé mort, le 10 février. Le jeune homme a été retrouvé égorgé et frappé de plusieurs coups de couteau. A l'origine de ce crime : son homosexualité.

C'est en tout cas la piste suivie par les enquêteurs. Ces derniers ont en effet retrouvé une inscription homophobe dans la chambre de cet étudiant en médecine : "His gay". "Il est homosexuel", en anglais. Ces quelques lettres avaient été écrites sur le mur avec le sang de la victime. 

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Les deux suspects auraient suivi Assil vers 19h, au moment où celui-ci regagnait sa chambre. Ils auraient ensuite pris la fuite au volant de la voiture du jeune homme qu’ils ont abandonnée après avoir percuté un mur. Actuellement recherchés, les deux hommes seraient inconnus dans la cité universitaire de Ben Aknoun, située sur les hauteurs de la ville.

"La sécurité n'est pas assurée"

En attendant que les suspects soient retrouvés, les étudiants du campus, eux, ont décidé d'agir. Une manifestation s'est déroulée lundi devant la faculté pour dénoncer "l'absence de sécurité" dans l'enceinte. "La sécurité n’est pas assurée à la cité universitaire […]. C’est devenu même un lieu d’hébergement pour des personnes étrangères", a d'ailleurs critiqué le père de la victime dans un média local. Présent sur place, le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelkader Hadjar, a été pris à partie par des étudiants.

Sur Facebook, l'association Alouen - qui regroupe des jeunes LGBT algériens -  a dénoncé le climat d’homophobie qui règne en Algérie. Elle s'en est prise notamment au président du syndicat national des magistrats : deux semaines avant le drame, il avait estimé que les ONG réclamant que l’homosexualité soit dépénalisée "piétinent les valeurs et fondements du peuple algérien, qui ne montre pas une tolérance envers les personnes homosexuelles".

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