Algérie : une marée humaine dans les rues à une semaine de l'élection présidentielle

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L'Algérie se soulève contre Bouteflika

"HIRAK" - Une foule d'une ampleur considérable a manifesté vendredi 6 décembre à Alger, à quelques jours de l'élection présidentielle. Un scrutin massivement rejeté par les Algériens, qui réclament le démantèlement du "système" au pouvoir.

Le "Hirak" ("mouvement") ne faiblit pas en Algérie. Des milliers de manifestants ont battu le pavé vendredi 6 décembre à travers tout le pays, avec un seul mot d'ordre : le rejet de la prochaine élection présidentielle. Le scrutin, prévu le 12 décembre, est contesté par de nombreux citoyens, lesquels estiment qu'il ne vise qu'à permettre au pouvoir de se régénérer.

La mobilisation, impossible à évaluer précisément faute notamment de comptage officiel, semblait comparable à celle du 1er novembre - 65e anniversaire du début de la guerre d'indépendance - et à celles des plus grandes manifestations de mars, avril et mai. Selon des journalistes locaux et les réseaux sociaux, l'ampleur des manifestations était identique à celle du printemps à Oran et Constantine (2e et 3e villes du pays) ou en Kabylie (nord), et d'autres cortèges importants ont été recensés dans de nombreuses villes.

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"Arrestations arbitraires"

Après avoir obtenu en avril la démission d'Abdelaziz Bouteflika, président pendant 20 ans, le mouvement populaire de contestation qui agite l'Algérie depuis le 22 février réclame désormais le démantèlement du "système", au pouvoir depuis l'indépendance en 1962. "Eh Gaïd Salah, oublie le vote (du 12 décembre )!", ont-ils répondu au général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée, de facto aux manettes depuis le départ d'Abdelaziz Bouteflika. Le général s'est exprimé pour la première fois un vendredi depuis le début du "Hirak" dans une allocution diffusée en bandeau par les télévisions, dans laquelle il a qualifié la présidentielle d'"échéance cruciale et importante" qui sera "une fête électorale".

Malgré une "répression" qui, selon les organisations de défense des droits de l'Homme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), s'est "intensifiée" à l'approche du scrutin, avec des "arrestations arbitraires" et des condamnations, la contestation a montré ce vendredi qu'elle restait massive. Elle a ainsi battu en brèche les affirmations du pouvoir sur l'"élan populaire" en faveur de l'élection. Aucun sondage public n'est disponible en Algérie pour évaluer la possible participation au scrutin, mais l'abstention, longtemps vue comme l'unique voie de contestation d'un régime figé, était forte lors des précédentes élections.

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