Algérie : les étudiants à leur tour dans la rue contre un 5ème mandat de Bouteflika

International
RÉVOLTE - Alors que les avocats algériens se sont mobilisés ce lundi 25 février contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un cinquième mandat, ce mardi, ce sont les étudiants qui sont à leur tour dans la rue pour protester.

Depuis le 10 février dernier, la contestation est en marche. En début de mois, Abdelaziz Bouteflika a annoncé sa décision de briguer un cinquième mandat présidentiel. Cette annonce a entraîné ces derniers jours de grandes manifestations inédites à travers ce pays de 42 millions d'habitants où près de 54% de la population a moins de 30 ans - et dont 30% d'entre eux sont au chômage. 


Depuis quelques jours, des centaines d'Algériens manifestent suivant des appels sur les réseaux sociaux. Ce lundi, le gouvernement a balayé d'un revers de manche l'hypothèse d'un renoncement du président Bouteflika : "les élections auront lieu dans moins de deux mois et chacun choisira librement", a commenté le Premier ministre Ahmed Ouyahia, alors que le délai de dépôt des candidatures expire dimanche à minuit. 


Il a également mis en garde les Algériens "contre les risques de dérapages sérieux". Mais pas de quoi décourager les Algériens descendus dans la rue comme en témoignent les différentes images et vidéos publiées sur les réseaux sociaux ce mardi où des milliers d'étudiants protestaient. 

Les étudiants du pays descendent dans la rue

Ces étudiants protestent contre un cinquième mandat du président Bouteflika, lequel n’apparaît que très rarement à la télévision depuis son AVC en 2013. A Alger, un impressionnant dispositif policier a été déployé dans la matinée dans le centre-ville, et de nombreux véhicules des forces de l'ordre étaient garés sur les axes adjacents à l'université. "Pas en mon nom!", est un des mots d'ordre de la contestation de mardi qui a été lancée sur les réseaux sociaux après le soutien affiché par 11 associations estudiantines à la candidature de M. Bouteflika.


"Pour éviter la confrontation avec la police, les étudiants de plusieurs facultés d'Alger ont décidé de se rassembler dans l'enceinte de l'université", a expliqué Raouf, étudiant en master de journalisme, qui n'a pas donné son nom de famille, à l'AFP. "Les policiers n'ont pas le droit d'entrer" dans les universités, a-t-il rappelé. 


Une centaine d'étudiants venus d'autres campus que l'université d'Alger défilaient dans le centre-ville de la capitale, sans que la police n'intervienne. Ainsi, environ 500 étudiants en journalisme se sont eux réunis sur leur campus, tandis que quelques centaines d'autres étaient regroupés à l'extérieur, selon une journaliste locale sur place.

Les étudiants de la faculté de médecine d'Alger, à environ 5 km du centre, ont pour leur part été strictement cantonnés sur leur campus par la police. Ailleurs dans le pays, de nombreux autres rassemblements ont recensés par des médias ou sur les réseaux sociaux. En régions, des manifestations - dont il n'était pas possible de déterminer l'ampleur dans l'immédiat - avaient lieu à Constantine, Tizi Ouzou, Ouargla ou encore Annaba, Blida et Bejaia, d'après le site d'information TSA

"Je suis né en 1999. En 20 ans, je n'ai connu que M. Bouteflika comme président", soupire Adel auprès de l'AFP. Comme lui, des étudiants d'Alger ont confié en avoir assez d'être dirigés par un chef de l'Etat âgé et malade, et aspirent à un changement à la tête du pays. "S'il était encore capable de diriger le pays, tous les Algériens voteraient pour lui" à la présidentielle du 18 avril, avance Sid Ahmed Hanoun, né lui aussi l'année de l'élection de Bouteflika. 


Il "a fait de bonnes choses pour l'Algérie mais il est temps qu'il jette l'éponge", ajoute cet étudiant en deuxième année de mathématiques informatique. Ces jeunes croient dur comme fer au changement et relèvent que les Algériens n'ont pratiquement "ni vu ni entendu" leur chef de l'Etat "durant son quatrième mandat"

Des centaines de personnes dans la rue, chaque jour

Vendredi 22 février dernier, les rassemblements ont pris une ampleur inédite depuis presque deux décennies. Deux jours plus tard, des centaines de personnes se sont à nouveau rassemblées, malgré la présence de la police et un vent de révolte a également soufflé sur la radio nationale algérienne. Des journalistes ont dénoncé le silence imposé à l'antenne par leur hiérarchie sur les manifestations massives de vendredi, dont les médias audiovisuels publics n'ont pas fait état.


Lundi 25 février, une centaine d'avocats se sont rassemblés devant un tribunal du centre d'Alger, brandissant des affiches disant notamment "Les avocats avec les citoyens" et scandant des slogans contre un cinquième mandat.

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