Alimentation et climat : le nouveau rapport du Giec appelle à un changement radical dans les modes de consommation

Alimentation et climat : le nouveau rapport du Giec appelle à un changement radical dans les modes de consommation
International

CLIMAT - Il est indispensable de repenser l'usage des terres et nos habitudes alimentaires, avertit jeudi le Giec dans son nouveau rapport. Objectif : assurer à la fois la sécurité alimentaire de l'humanité et lutter contre le réchauffement climatique. Voici ce qu'il faut en retenir.

Le temps presse, mais des solutions existent. Voilà un substance le message du Giec, le groupe des experts du climat de l'ONU, qui a publié ce jeudi un nouveau rapport très attendu. Dédié à l'usage des terres et au réchauffement climatique, le document dresse un constat accablant, mais avance un ensemble de pistes pour inverser la tendance.

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Le temps est compté, affirment les experts, alors que le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53°C, le double de la hausse globale (océans compris). "Dès 2°C de réchauffement global, nous pourrions nous retrouver avec des crises alimentaires d'origine climatique plus sévères et plus nombreuses", a prévenu l'un des auteurs, Jean-François Soussana, lors d'une conférence téléphonique. 

Selon ce rapport de 1.200 pages, négocié ligne par ligne par les délégations des 195 pays membres, "notre utilisation des terres (...) n'est pas soutenable et contribue au changement climatique". 

Revoir notre système alimentaire

Notre mode de consommation pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. L'agriculture, la sylviculture et les autres usages de la terre, comme l'élevage, représentent en effet 23% du total des émissions. Elles sont encore plus importantes si l'on prend en compte la totalité du système alimentaire, et elles devraient augmenter à l'avenir. Dans le même temps, deux milliards d'adultes sont en surpoids ou obèses et "25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée". Il faut "éliminer le gaspillage alimentaire et réduire la consommation de viande", insiste l'ONG Climate Action Network.

Des changements dans les modes de consommation seront nécessaires et peuvent être orientés par des choix politiques, selon le Giec. "Des régimes équilibrés reposant sur des aliments à base de plantes, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et légumes, les fruits à coque et les graines et des aliments d'origine animale produits dans des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre présentent d'importantes opportunités", souligne le rapport, qui encourage aussi la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Utiliser les terres différemment

Le Giec a élaboré différents modèles pour imaginer comment limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ou bien en-dessous de 2°C par rapport à la période pré-industrielle. Ils incluent des mesures d'atténuation basées sur les terres et des changements d'usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies. Ces modèles permettraient de limiter le réchauffement à 1,5°C sans nécessiter des changements d'usage de terres massifs, fait valoir le rapport. Les solutions sont à chercher du côté d'une réduction du gaspillage alimentaire, un changement de régime alimentaire - ce qui permettrait de libérer des millions de kilomètres carrés de terres d'ici 2050 -, une restauration des écosystèmes, une amélioration de la gestion des forêts ou encore une hausse de la productivité alimentaire durable... 

Les scénarios nécessitant en revanche des conversions de terres à très grande échelle pour lutter contre le réchauffement pourraient avoir "des effets secondaires indésirables sur l'adaptation, la désertification, la dégradation des terres et la sécurité alimentaire", préviennent les auteurs.

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