Allemagne : 1000 personnalités et politiques voient leurs données personnelles diffuser sur Twitter

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FUITE - Un compte Twitter a divulgué des informations personnelles sur un millier de représentants politiques et de personnalités Allemandes, dont Angela Merkel, depuis le 20 décembre.

Une nouvelle cyber-attaque de grande envergure en Europe. La divulgation sur internet de données privées d'un millier de responsables politiques et de personnalités en Allemagne, dont la chancelière Angela Merkel, a mis le pays en émoi depuis le vendredi 4 janvier. Le gouvernement a indiqué prendre l'affaire "très au sérieux" et la ministre de la Justice, Katarina Barley, a dénoncé "une attaque grave" initiée par des personnes "qui veulent saboter la confiance en la démocratie et ses institutions".

Divulgations via un compte twitter

C'est sur un compte Twitter, bloqué depuis, que les informations ont été postées petit à petit. Les divulgations ont commencé le 20 décembre, avant de gagner progressivement en importance et d'atteindre un pic jeudi, ce qui a fini par attirer l'attention des autorités. 

Toute une série de données personnelles, de correspondances professionnelles et privées, d'informations financières et de documents d'identité ont été mis en ligne. "Environ un millier de personnes sont concernées", a indiqué le responsable de l'organisme allemand chargé de la sécurité informatique, Arn Schönbohm. Parmi les informations divulguées, on trouve aussi des listes de contacts, avec des centaines de numéros de téléphone portable et d'adresses. Ainsi que des documents internes aux partis politiques comme des listes d'adhérents.

Enquête en cours sur les responsables et le mode opératoire

La police criminelle (BKA) et le renseignement intérieur sont chargées de l'enquête. Les personnes à l'origine de cette divulgation, d'une ampleur inédite concernant le monde politique allemand, n'ont pas encore été identifiées. "L’intention des auteurs reste inconnue pour le moment, mais il est peu probable que l’appât du gain soit leur première motivation. Il s’agit probablement d’un hacker activiste, cherchant à causer des problèmes", estime David Emm, expert en sécurité informatique chez Kaspersky Lab.

Le mode opératoire exact reste également à déterminer. Même si un piratage de grande ampleur paraît le plus probable, le réseau informatique central du gouvernement tout comme celui de la chambre des députés n'ont pas été victimes d'une cyberattaque, a assuré le ministère de l'Intérieur.

"Les premières analyses laissent penser que les données ont été récupérées grâce à l'utilisation frauduleuse de codes d'accès à des services de stockage sur le cloud informatique, à des comptes e-mail et à des réseaux sociaux", a indiqué dans un communiqué le ministère de l'Intérieur Horst Seehofer. "Les sources peuvent être très différentes".

Politiques, journalistes et comédiens principalement touchés

Selon plusieurs médias, dont la chaîne publique RBB, outre les personnalités politiques ont aussi été visés des journalistes du service public, des animateurs de télévision et des comédiens. "D'après une première analyse, sont concernés dans le monde politique des élus aussi bien du Parlement européen, du Bundestag (la chambre des députés allemands), des parlements régionaux que des élus municipaux", a précisé Martina Fiez, une des porte-parole d'Angela Merkel, également visée.

Malgré le grand nombre d'informations révélées, aucune donnée véritablement importante n'a été repérée par les autorités, notamment concernant la chancellerie allemande. Selon Martina Fiez, les informations liées à la chancelière sont d'"ampleur limitées" et "non sensibles". Parmi les documents postés en ligne, seulement deux adresses e-mails semi-publiques de la chancelière apparaissent, ainsi qu'un numéro de fax et l'intitulé de lettres qui lui ont été adressées.

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Soupçons sur l’extrême droite et la Russie

Tous les grands partis politiques allemands, des démocrates-chrétiens (CDU) de la chancelière aux Verts, sont concernés, à l'exception notable du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD). Un expert en renseignement du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, Patrick Sensburg, a ainsi estimé que "cette attaque de hackers vient des milieux proches de l'AfD".

Ces dernières années, le Bundestag et plusieurs partis politiques ont déjà été visés par des cyber-attaques émanant, selon Berlin, de services de renseignement étrangers. Des hackers russes ont notamment été soupçonnés d'orchestrer ces opérations. L'Allemagne s'inquiète régulièrement de possibles tentatives de la Russie de tenter d'influencer le climat politique national via des cyberattaques ou des actions de désinformation.

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