Allemagne : Angela Merkel peut souffler, le SPD approuve le principe de la grande coalition

Allemagne : Angela Merkel peut souffler, le SPD approuve le principe de la grande coalition

ALLEMAGNE - Le parti social-démocrate (SPD) allemand a approuvé, dimanche 21 janvier, l’ouverture de négociations avec les conservateurs d’Angela Merkel pour former un gouvernement commun. Une courte approbation, qui permettra peut-être de mettre fin à la période d'instabilité politique qui prive l'Allemagne d'un gouvernement et d'une majorité depuis les législatives de septembre.

Le projet de coalition avec le parti d'Angela Merkel semble bien parti. Pour le moment. Les délégués sociaux-démocrates allemands ont approuvé, dans la douleur et d'une courte tête, le principe d'une coalition avec Angela Merkel dans le but de former un gouvernement commun. Une décision qui rassure au delà des frontières allemandes même si tout n'est pas encore tout à fait décidé et que l'imbroglio politique autour de la formation d'un nouveau gouvernement est loin d'être résolu. 


Mais pour y parvenir, le SPD de Martin Schulz, qui avait pourtant appelé à "une cure d'opposition" après sa défaite aux législatives, et les conservateurs dirigés par la chancelière allemande vont commencer des négociations en vue d'un "contrat de coalition", feuille de route du futur gouvernement, et ce, dès le début de la semaine prochaine. Selon les observateurs, le futur gouvernement pourrait prendre ses fonctions à la mi-mars, soit six mois après les législatives de septembre dernier, qui ont laissé le pays sans majorité évidente.

C'est à Bonn, que les délégués du SPD, réunis en congrès, ont approuvé (362 voix pour et 279 voix contre dans un vote à main levée), l'ouverture de discussions qui doivent mettre fin au chaos politique qui prive l'Allemagne d'un gouvernement et d'une majorité depuis les élections législatives de septembre. Un vote approuvé malgré le refus de nombreux cadres du parti de mettre en place cette nouvelle alliance avec Angela Merkel. Reste à savoir désormais ce qu'en pensera la base des adhérents qui doit être consultée prochainement sur le sujet, et dont la décision peut justement contrevenir au vote des délégués.

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Un vote primordial pour Angela Merkel

Pour comprendre l'enjeu de ce vote, il  faut se remémorer qu'en septembre dernier, la chancelière avait essuyé un revers important lors des élections législatives avec la poussée évidente de l'extrême droite allemande (l'AFD), qui avait divisé un peu plus la chambre des députés. Depuis ce morcellement et la difficulté à réunir une majorité - un premier essai infructueux avait eu lieu avec les libéraux du FPD et les écologistes des Grünen -, Angela Merkel peinait à former une coalition pour son quatrième mandat. Début janvier,  des pourparlers préliminaires se sont tenus entre le SPD, la CDU de la chancelière Merkel et ses alliés bavarois de la CSU, plus conservateurs. Ils étaient parvenus à se mettre d'accord sur un premier document dessinant un programme commun pour un éventuel futur gouvernement. 


 Autant dire que ce vote d'approbation du SPD était d'une importance primordiale pour la chancelière, même si la route est encore longue. En effet, le SPD et la CDU devront soumettre leurs choix à leurs adhérents pour une consultation interne. En cas d'approbation des militants, Angela Merkel pourra se présenter devant les députés et être élue chancelière pour la quatrième fois. 

L'enjeu ? Retrouver une certaine stabilité gouvernementale

Au coeur de cet enjeu à venir, les négociations avec le SPD, qu'Angela Merkel attend avec une certaine fébrilité, elle qui déclarait récemment s'attendre à ce qu'elles soient "à nouveau difficiles" car les thèmes sont notamment la justice sociale et l'immigration. Mais pour l'heure aucun calendrier n'a été fixé. Ce que l'on sait en revanche, c'est qu'elles s'appuieront sur un premier accord préparatoire conclu le 12 janvier au terme des "discussions exploratoires" entre les trois formations, qui ont déjà gouverné ensemble, sous la direction d'Angela Merkel, de 2005 à 2009 et de 2013 à 2017. Horst Seehofer, le chef de la CSU, la branche bavaroise du bloc chrétien-démocrate, a estimé quant à lui que le score relativement serré du vote de Bonn ne faciliterait pas les négociations.


Mercredi 17 janvier, comme une ultime supplique, la chancelière allemande avait appelé les sociaux-démocrates de Martin Shulz à prendre leurs responsabilités et approuver le principe de cette coalition pour que l'Allemagne retrouve un peu de stabilité gouvernementale. Inutile donc de préciser que du côté du Bruxelles, on attendait les résultats de ce vote avec une certaine angoisse. Car voir la première puissance du continent, qui doit jouer un rôle central dans la construction européenne, aux prises avec un gouvernement qui peine à se former n'était pas le scénario idéal.

Bruxelles salue le vote du SPD

Alors forcément, du côté de Bruxelles, on semble (un peu) rassuré par ce résultat. Après l'accord conclu de la mi-janvier au sujet d'un programme pour un gouvernement de coalition, la nouvelle avait été accueillie avec certain soulagement au sein de l'UE. Alors dimanche 21 janvier, l'ambiance est au soulagement, même si rien n'est encore fait. "Très bonne nouvelle pour une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique !", a réagi sur son compte Twitter Martin Selmayr, le chef de cabinet allemand du président de la Commission Jean-Claude Juncker, peu après le vote. "Je salue le sens des responsabilités du SPD, qui a voté pour la poursuite des négociations de coalition avec la CDU/CSU", s'est réjoui parallèlement le commissaire aux Affaires économiques, le Français Pierre Moscovici, également sur Twitter.

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