Allemagne : après des agressions par des migrants, l'extrême droite organise des patrouilles en vestes rouges

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INDIGNATION - Le parti allemand NPD, proche de la mouvance néo-nazie, a publié le 1er janvier sur l'un de ses comptes Facebook des photos de plusieurs de ses membres, patrouillant dans une villes bavaroise et portant des gilets avec le sigle du mouvement. Une enquête est en cours sur la véracité de la formation de ces milices d'auto-défense.

Vêtus de vestes rouges siglées, des membres de l'extrême droite allemande marchent sur les lieux où les agressions se sont déroulées, ainsi que devant un foyer de demandeurs d'asile. C'est par ces images, postées sur l'un de ses comptes Facebook, que le parti d'extrême droite NPD, proche de la mouvance néo-nazie, a annoncé avoir organisé des patrouilles d'auto-défense à Amberg. La ville bavaroise a été le théâtre de délits commis par des migrants à l'encontre de passants peu avant le réveillon de la Saint-Sylvestre. 

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté les délits commis (par des ressortissants étrangers) à Amberg. Cependant, nous condamnons également le fait que certains groupes d'extrême droite tentent de récupérer l'affaire", a affirmé le président conservateur de Bavière Markus Söder (CSU). "Nous ne tolérerons pas (des groupes) comme ceux que tentent de propager le NPD et l'AfD en les présentant comme des milices citoyennes", a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt, le maire de cette ville de quelque 42.000 habitants du nord de la Bavière s'était pour sa part dit "choqué" de la mise en place de ces patrouilles. "Je peux comprendre l'insécurité qui règne dans une partie de la population, mais les menaces de violences et la haine qui déferlent depuis les quatre coins du pays vont trop loin", a déclaré Michael Cerny, au quotidien local Mitteldeutsche Zeitung. Il a ajouté avoir informé la police qui enquête désormais sur la véracité de la formation de ces milices d'auto-défense. 

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Le débat autour des demandeurs d'asile relancé

Plusieurs membres de la section bavaroise de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) ont aussi prévu de se rendre à Amberg jeudi après-midi. Quatre jeunes hommes originaires d'Afghanistan et d'Iran ont été arrêtés par la police après avoir, en état d'ébriété, agressé samedi soir une dizaine de passants dans la rue. Ils doivent répondre de "coups et blessures". Cette affaire a relancé le débat autour des demandeurs d'asile dans le pays, toujours sensible depuis l'arrivée en Allemagne de plus d'un million d'entre eux en 2015 et 2016.

Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer, partisan de la fermeté sur l'immigration au sein du gouvernement d'Angela Merkel, a appelé dans la foulée à faciliter l'expulsion des demandeurs d'asile coupables de crimes et délits dans le pays. L'extrême droite allemande, pour sa part, s'est saisie des agressions d'Amberg, comme elle le fait de la plupart des faits divers de ce type depuis des mois, pour marteler son message anti-migrants et anti-Merkel.

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