Allemagne : la politique d'accueil des réfugiés de Merkel remise en cause ?

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TERRORISME - Pas moins de quatre attaques ont été perpétrées en Allemagne entre le 18 et le 24 juillet, dont trois ont été commises par des réfugiés. Quel impact pourrait avoir cette accumulation sur l'opinion du pays et sur la politique migratoire de la chancelière allemande, qui a permis l'accueil de plus d'un million de réfugiés depuis 2015 ?

En mars dernier, malgré un revers électoral de taille et la percée des populistes, Angela Merkel avait réaffirmé sa volonté de maintenir sa politique migratoire généreuse. Mais c’était sans compter les récentes attaques qui ont plongé le pays dans un profond sentiment d’insécurité.

En une semaine (du 18 au 24 juillet), quatre ont été perpétrées sur le sol allemand : la première par un réfugié afghan de 17 ans à bord d’un train en Bavière , la deuxième par David Ali Sonboly, un Germano-Iranien perturbé de 18 ans dans un restaurant Mc Donald’s à Munich , la troisième, un "crime passionnel" selon la police, par un demandeur d’asile syrien de 21 ans près de la gare de Reutlingen, à 40 kilomètres de Stuttgart, et la dernière, à l’entrée d’un festival de musique à Ansbach, dans la nuit de dimanche en Bavière, par un réfugié syrien de 27 ans. Le 2 juin déjà, les autorités allemandes avaient annoncé être parvenues à déjouer un attentat de masse commandité par Daech et visant le centre de Düsseldorf. Figuraient parmi les suspects présumés trois réfugiés syriens.

Le droit d’asile menacé ?

Cette vague de violences peut-elle avoir un impact sur la politique migratoire de la chancelière allemande ? Même si le gouvernement insiste pour éviter tout amalgame et "ne pas porter de soupçon généralisé contre les réfugiés", cette accumulation est de nature à redonner de l'ardeur à l’opposition. "Nous n'avons pas été capables d'enregistrer et de contrôler tous les migrants qui ont franchi la frontière allemande", a dénoncé à la BBC Stephan Mayer, responsable de la politique intérieure au parti conservateur bavarois CSU, principal détracteur du projet d’accueil.

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Contacté par metronews, l’avocat spécialiste de l’Allemagne Jean-Louis Thiérot tempère néanmoins le débat. "L’Allemagne traverse le même climat de consternation et d’unité nationale que l’on a connu en France à la suite des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en janvier 2015. Nous sommes encore loin de la récupération politique observée après la tuerie de Nice". Ceci, explique-t-il, principalement "parce que l’attentat le plus sanglant (celui de Munich) n’a pas été perpétré par un réfugié et qu’il s’agit des premières attaques commises sur le sol allemand". 

En outre, dans l’immédiat, la politique migratoire de la chancelière ne devrait pas changer selon le spécialiste. Une stabilité, dit-il, qui reste fragile, "car un nouvel attentat de masse comme  celui du Bataclan  pourrait inverser la tendance".

L'opinion de moins en moins favorable

Mais l’accueil des réfugiés reste un sujet polémique en Allemagne. "Un premier basculement de l’opinion avait été enregistré à la suite  des agressions sexuelles de Cologne , puis un décrochage a récemment été noté chez les élites allemandes", pourtant favorables à 53% à l’accueil des réfugiés, observe Jean-Louis Thiérot. Angela Merkel doit donc désormais faire face à une opinion moins encline à ouvrir ses bras aux réfugiés qu’elle ne l'était en 2015 .

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