Allemagne : le procès hors norme de Niels Högel, l’infirmier tueur accusé de plus de 100 meurtres

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MACABRE - Déjà condamné à la prison à vie pour des faits similaires, l’infirmier allemand Niels Högel comparaît depuis mardi à Oldenbourg pour 100 meurtres présumés sur des patients. S’il a avoué plusieurs dizaines d’homicides, les enquêteurs évaluent leur nombre potentiel à plus de 200. Son procès doit durer jusqu’au mois de mai, au moins.

Il s'est auto-désigné, selon des co-détenus, plus grand criminel allemand depuis la Seconde Guerre mondiale. L'ancien infirmier Niels Högel, accusé d'avoir perpétré une centaine de meurtres par vanité ou par ennui, comparaît depuis mardi devant la justice pour un procès sans précédent dans l’histoire récente du pays. Un procès qui a été permis par les résultats de l’enquête d’une commission spéciale, baptisée Kardio, qui avait procédé à plus de 134 exhumations. 


Âgé de 41 ans et père d’une adolescente, Nils Högel, déjà condamné à la perpétuité, est en prison depuis près de dix ans pour sa responsabilité dans six autres crimes similaires. À l'ouverture de son procès, qui se déroule dans le centre polyvalent d'Oldenbourg (Basse-Saxe), faute de place suffisante au tribunal, et doit durer au moins jusqu'en mai, l'ex-soignant a reconnu les 100 meurtres.

Montrer ses "talents" de réanimation

C'est dans l'hôpital de cette ville moyenne du nord, puis dans celui de la commune voisine de Delmenhorst, qu'il est accusé d'avoir injecté intentionnellement entre 2000 et 2005 des substances provoquant un arrêt cardiaque à ses patients pour tenter ensuite de les ranimer. Généralement sans succès. Ses motifs : son désir de briller devant ses collègues en montrant ses talents de réanimation, et son besoin, selon le parquet, de tromper "l'ennui". L'expertise psychiatrique a fait état chez lui de sévères troubles narcissiques. Il n'a, pour l’heure, jamais exprimé de remords.

Âgées de 34 à 96 ans, ses victimes étaient choisies arbitrairement. Selon les enquêteurs, Niels Högel, qui avait déjà avoué plusieurs dizaines de meurtres, pourrait avoir tué plus 200 personnes. Mais ce chiffre sera difficile - pour ne pas dire impossible - à prouver, de nombreux patients ayant été incinérés. Son procès porte donc sur 100 homicides présumés, 64 à Delmenhorst et 36 à Oldenbourg.

Sans les erreurs de certaines personnes à Oldenbourg (...) la série de meurtres de Niels Högel aurait pu être stoppéeChristian Marbach, petit-fils d’une victime de l’infirmier

La justice cherchera également à déterminer d’éventuelles responsabilités connexes, notamment du côté de son entourage professionnel à l’époque. "Sans les erreurs de certaines personnes à Oldenbourg (...) la série de meurtres de Niels Högel aurait pu être stoppée", dénonce Christian Marbach, dont le grand-père a été victime de l'infirmier à Delmenhorst. Des collègues et supérieurs hiérarchiques des deux hôpitaux devront d'ailleurs s'expliquer devant un juge, une fois le procès de Niels Högel bouclé. 

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