Allemagne : le réfugié syrien célèbre pour son selfie avec Merkel traîne Facebook en justice

Allemagne : le réfugié syrien célèbre pour son selfie avec Merkel traîne Facebook en justice
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SELFIE – Anas Modamani, jeune Syrien connu pour un selfie pris aux côtés d’Angela Merkel à l’été 2015, a porté plainte contre Facebook et un membre du parti populiste AfD pour diffamation. Le réseau social est convoqué devant la justice le 6 février.

Un cliché symbole, devenu désinformation par l’image et potentiel boulet pour Facebook. Le 10 septembre 2015, lorsqu’Anas Modamani, jeune réfugié syrien originaire de la banlieue de Damas, se décide à prendre un selfie aux côtés d’Angela Merkel alors en visite dans un centre d’hébergement, il n’imaginait pas que sa photo, à l’époque emblème de la politique d’accueil de l’Allemagne, allait bientôt se transformer en cauchemar. 


Et pour cause : comme le raconte The Guardian, très vite, le web et les réseaux sociaux s’emparent du selfie. Partout en Europe, les "anti-migrants" se déchaînent. L’image tourne abondamment, bien souvent accompagnée de messages haineux. Puis la situation du jeune homme empire. Tour à tour, rappelle Rue89, Anas Modamani est accusé à tort d’être l’un des terroristes ayant frappé Bruxelles le 22 mars 2016, d’être l’auteur d’un attentat suicide à Ansbach le 24 juillet et, enfin, d’avoir agressé et mis le feu à un sans-abri à Berlin le 27 décembre. 

Un avocat ayant déjà fait plier Facebook à la barre

C’est d’ailleurs cette dernière accusation calomnieuse qui vaut à l’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg d’être trainée en justice. Lassé d’être diffamé, Anas Modamani a en effet décidé de réagir. Défendu par un avocat spécialiste de ce type de dossiers, le jeune homme a porté plainte contre le réseau social américain et un membre du parti populiste Alternative für Deutschland (AfD) qui avait partagé un photomontage imputant à Modamani l’agression berlinoise. 


"Anas Modamani se défend maintenant en faisant usage de ses droits personnels. Personne ne doit avoir à supporter la diffamation et les insinuations", a souligné Me Chan-jo Jun, déjà à l’origine de l'ouverture d'une enquête visant le patron de Facebook pour incitation à la haine. Selon lui, le post en question a été partagé près de 500 fois et vu par 25.000 à 50.000 personnes, avec nombre de commentaires xénophobes. Dans une vidéo diffusée via le compte de son cabinet d’avocat, Me Chan-jo Jun fait savoir que Facebook est convoqué devant le tribunal de Würtzburg (Bavière) le 6 février prochain.

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