Allemagne : que prévoit l’accord entre Angela Merkel et Horst Seehofer ?

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COMMUN ACCORD - La chancelière allemande Angela Merkel et le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer ont trouvé un accord qui cherche à instaurer des "centre de transit" pour mettre un terme à la crise migratoire à la frontière entre l'Allemagne et l'Autriche.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel et son alliée bavaroise, l'Union chrétienne-sociale (CSU) mettent fin à leurs divergences sur l'immigration qui menaçaient la coalition gouvernementale. A l'issue de plusieurs heures de discussions entre les deux formations conservatrices, Horst Seehofer, ministre de l'Intérieur et chef de file de la CSU, a renoncé à ses menaces de démission.


Le compromis trouvé prévoit l'instauration de "centres de transit" à la  frontière entre l'Allemagne et l'Autriche afin d'y installer à l'avenir les demandeurs d'asile arrivant dans le pays mais déjà enregistrés dans un autre Etat européen, en attendant leur expulsion vers ce dernier. Cette question était au coeur du conflit qui opposait la chancelière,  présidente du parti de centre-droit CDU, à son ministre Horst Seehofer,  dirigeant du parti conservateur bavarois CSU, et qui menaçait de faire éclater la fragile coalition gouvernementale, difficilement mise en place en mars.


Jusqu'ici, les migrants demandant l'asile à leur arrivée en Allemagne étaient répartis dans des foyers dans l'ensemble du pays jusqu'à ce que leurs dossiers soient examinés. Cet accord marque définitivement la fin de la politique d'accueil longtemps généreuse des migrants en Allemagne. Le troisième partenaire de cette coalition, le parti social-démocrate (SPD), doit  encore dire s'il accepte les termes de l'accord trouvé.

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MERKEL un très bon compromis

Angela Merkel s'est réjouie d'avoir conclu "après des journées difficiles et  des tractations rudes", un "bon compromis" qui respecte "l'esprit du partenariat européen" et en même temps constitue "un pas décisif" vers un  meilleure contrôle des demandes d'asile au sein de l'UE. "Nous avons un accord clair sur la façon d'empêcher à l'avenir l'immigration illégale aux frontières entre l'Allemagne et l'Autriche", s'est  félicité de son côté Horst Seehofer, mettant fin au bras de fer qui l'oppose  depuis plusieurs semaines à la chancelière sur la politique migratoire.


"Cet accord très solide, qui correspond à mes idées, me permet de continuer à diriger le ministère fédéral de l'Intérieur", a-t-il ajouté. La veille il avait offert sa démission, faute de pouvoir à ses yeux trouver un compromis  avec la chancelière. Il s'était finalement ravisé et avait proposé une dernière tentative de négociation.


Le compromis trouvé prévoit que les migrants installés dans les "centres de  transit" à la frontière seront obligés d'y rester.   Leurs renvois vers les pays où ils ont été enregistrés en premier à leur arrivée dans l'UE devront être organisés toutefois dans le cadre d'accords  administratifs conclus avec les pays concernés, et non de manière unilatérale par l'Allemagne. Si des accords ne peuvent être trouvés, il est prévu de refouler les  migrants "à la frontière germano-autrichienne dans le cadre d'un accord avec  l'Autriche", précise le texte rendu public.

La formation bavaroise a durci ces derniers mois son discours sur l'immigration pour prévenir la fuite d'une partie de son électorat vers Alternative pour l'Allemagne (AfD), à l'extrême droite, à l'approche des élections régionales d'octobre. Elle est créditée de 40% des intentions de vote, ce qui constituerait un revers sans précédent depuis sa création.

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