Allemagne : un ancien garde SS du camp nazi de Stutthof s'excuse lors de son procès

Bruno Dey a été l’un des gardes SS du camp de Stutthof, dans le nord de la Pologne.
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PROCÈS DU NAZISME - Un ancien gardien de camp nazi jugé actuellement en Allemagne pour complicité de meurtres a présenté ses excuses auprès des victimes de l'Holocauste, tout en affirmant ne pas avoir eu le choix de son affectation.

"Je voudrais aujourd'hui m'excuser auprès de ceux qui sont passés par cet enfer de folie, et auprès de leurs proches. Une telle chose ne doit plus jamais se reproduire". Le repentir d’un nazi, jugé actuellement en Allemagne pour complicité de meurtres, dont les mots sonnent aujourd’hui comme un aveu. Aujourd’hui âgé de 93 ans, Bruno Dey a été l’un des gardes SS du camp de Stutthof, dans le nord de la Pologne. Il est accusé de complicité dans des milliers de meurtres lorsqu'il y était gardien, "entre août 1944 et avril 1945". 

Les témoignages de victimes, a-t-il expliqué au cours de sa dernière prise de parole, lui a permis de saisir "toute l'ampleur de la cruauté" des actes perpétrés au camp de Stutthof. Comme l'a rappelé le parquet, Bruno Dey "a soutenu l'assassinat horrible en particulier des détenus juifs". Pour rappel, environ 65.000 personnes, essentiellement des femmes juives des pays baltes et de Pologne, ont péri dans d’atroces conditions au sein de ce camp d'extermination, le tout premier construit hors de l’Allemagne.

Je ne veux pas de ses excuses, je n'en ai pas besoin.- Marek Dunin-Wasowicz, un survivant du camp de Studo

Son avocat Stefan Waterkamp a réclamé lundi un non-lieu, ou au pire une peine de prison avec sursis conformément à la législation pour mineurs sur la base de laquelle il est jugé, car il avait 17 ans au moment des faits. Il faut prendre en compte le fait que "servir dans un camp de concentration n'était à l'époque pas considéré comme un crime", a-t-il soutenu. Lors de sa prise de parole, Bruno Dey a dit ne pas avoir eu le choix de son affectation. "Je ne me suis jamais porté volontaire pour servir dans les SS (…) ou dans un camp de concentration", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'y serait pas allé s'il avait eu la possibilité de l'éviter. 

Un survivant du camp a rejeté les déclarations de l'ex-gardien. "Je suis sans voix. Je ne veux pas de ses excuses, je n'en ai pas besoin", a réagi Marek Dunin-Wasowicz, 93 ans, joint par l'AFP chez lui à Varsovie. "Il ment tout simplement s'il dit qu'il n'a pas vu ou pas entendu ce qu'il se passait" dans le camp, a-t-il ajouté. Le procès de Bruno Dey, dont le verdict est attendu ce jeudi, est l’un des derniers procès du nazisme, ce qui lui donne aujourd’hui un écho particulier. 

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Ces dernières années, l'Allemagne a jugé et condamné plusieurs anciens SS pour complicité de meurtre, illustrant la sévérité accrue, mais tardive, de sa justice. Parquets et tribunaux allemand ont élargi aux gardiens de camps le chef d'accusation de complicité de meurtre, auparavant réservé aux personnes qui occupaient des postes élevés dans la hiérarchie nazie ou directement impliquées dans des homicides. Le cas le plus emblématique a été la procédure engagée contre John Demjanjuk, un ancien gardien du camp d'extermination de Sobibor, qui s'est vu infliger en 2011 une peine de cinq ans de prison. Il est mort en 2012 avant son procès en appel.

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