Allemagne : un élu du parti d'extrême droite AfD passé à tabac, la police parle d'un acte "motivé politiquement"

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AGRESSION - L'image des blessures sont très impressionnantes. Frank Magnitz, député national et chef de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans la ville-Etat de Brême, a été grièvement blessé lors d'une agression, ce lundi à Brême. Une agression que la police locale estime être "politiquement motivée" par plusieurs personnes.

Un cliché circule sur Internet et les blessures infligées à Frank Magnitz sont extrêmement graves. Ce lundi 7 décembre à Brême, dans le nord de l'Allemagne, ce député et responsable local du parti d'extrême droite allemand (AfD) a été attaqué par trois personnes dont les visages étaient camouflés. Une agression qui a été condamnée par les élus allemands de tous bords. 

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Le parti a publié une photo de l'élu, le front profondément entaillé et le visage tuméfié. "Ils lui ont asséné des coups de barre de bois jusqu'à l'inconscience et l'ont ensuite frappé à terre à coups de pied", a affirmé le parti de l'AfD, ajoutant qu'un ouvrier du bâtiment présent sur les lieux avait mis fin à l'agression. 

L'AfD a fermement condamné ce qu'il qualifie de "violence lâche avec intention de tuer Frank Magnitz", désignant des "terroristes d'extrême gauche" comme responsables de l'attaque. L'un des dirigeants nationaux du parti d'extrême droite, Jörg Meuthen, a d'ailleurs accusé les agresseurs d'avoir "frappé presqu'à mort" le député et s'est dit "bouleversé" par cette affaire.

Des locaux de l'AfD ciblés par un explosif, la semaine dernière

Pour la police, il ne fait aucun doute que les fonctions de la victime en ont fait une cible et qu'il s'agit "d'un acte politiquement motivé". D'ailleurs, les services de la sûreté de l'Etat, compétents pour ce type d'affaires, ont été saisis de l'enquête.

Une agression qui interroge alors que jeudi 3 décembre dernier, un explosif caché dans une poubelle avait largement endommagé un bureau du parti AfD dans la région de Saxe, l'un de ses bastions. Saisie, la police soupçonne un attentat à motivation politique. La police a recensé au moins huit attaques contre des bureaux du mouvement d'extrême droite depuis la mi-décembre dans le pays, selon la chaîne publique ARD. En tout cas, ce passage à tabac a été fermement condamné par les élus allemands, malgré les divergences politiques affichées. 

La classe politique allemande condamne cette agression

Angela Merkel et les principaux partis allemands ont sévèrement condamné cet acte qui, pour certains, est la dernière illustration du net raidissement du climat politique dans le pays depuis plus d'un an. "Cette agression brutale (...) doit être fermement condamnée. Espérons que la police sera en mesure d'attraper rapidement les coupables", a déclaré sur Twitter le porte-parole de la chancelière allemande et du gouvernement, Steffen Seibert.

La présidente du parti social-démocrate Andrea Nahles a fait une mise au point sur ce sujet. "L'AfD est un adversaire politique et s'oppose à notre société tolérante et pacifique. Mais quiconque combat le parti et ses représentants par la violence trahit ces valeurs", a-t-elle dit. Même condamnation unanime du côté des Verts. "Rien ne justifie la violence contre l'AfD. Qui combat la haine par la haine laisse toujours la haine gagner à la fin", a dit un de ses élus les plus en vue, Cem Özdemir.

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En France, le député européen Nicolas Bay a affiché son soutien, sur son compte Twitter en publiant la photo de Frank Munitz, sur son lit d'hôpital, issue du compte de l'AfD. "À Brême, un député de l’AfD a été tabassé et laissé pour mort par des miliciens d’extrême gauche, qui comme en France, jouissent d’une impunité totale. Courage à Frank Magnitz et soutien à l'AfD dans cette épreuve", a-t-il écrit sur son compte. 

L'AfD est depuis septembre 2017 le principal parti d'opposition national en Allemagne à la chambre des députés, face au gouvernement de la chancelière Angela Merkel constitué des conservateurs et des sociaux-démocrates. Il est crédité actuellement d'un peu moins de 15% des intentions de vote. 

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