Amazonie en feu : quel est cet accord Mercosur-UE que Macron ne souhaite plus ratifier après ses accusations contre Bolsonaro ?

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La forêt amazonienne touchée par des incendies ravageurs

ACCORD - Emmanuel Macron a annoncé que la France ne ratifierait pas l'accord de libre échange entre l'Union européenne et le Mercosur qui compte le Brésil comme Etat membre. Il estime que le président brésilien aurait menti sur ses engagements en matière d'environnement.

Il s'y oppose. Près de deux mois après la signature de l'accord Mercosur-UE, Emmanuel Macron annonce ce vendredi 23 août que la France ne ratifiera pas le traité de libre-échange. Selon le président de la Répubique, le président brésilien a "menti" sur ses engagements en faveur de l’environnement, notamment sur la question de la déforestation dans le cadre de l’accord de Paris. Une condition sine qua non pour qu’Emmanuel Macron signe l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, dont le Brésil est membre. 

Suppression de droits de douane dans les secteurs de l'industrie et de l'agriculture, protection de produits européens, ouverture de marchés publics aux entreprises européennes, principe de précaution en matière de sécurité alimentaire... Voilà quelques-unes des dispositions présentes dans ce traité.

Cet accord de libéralisation commerciale prévoyait en parallèle des dispositions censées contrer ses potentiels effets négatifs sur l'environnement. 

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Un traité censé respecter les engagements de l'accord de Paris

L'Union européenne et les Etats membres du Mercosur (à savoir le Brésil, de l'Argentine l'Uruguay et le Paraguay) se sont en effet engagées en contrepartie à lutter contre le changement climatique et en particulier contre la déforestation. Le Brésil doit notamment mettre fin à la déforestation illégale et restaurer 12 millions d'hectares de forêt tropicale d'ici 2030. Les émissions de gaz à effet de serre doivent également avoir diminué de 37% entre 2005 et 2025. 

Reste que ces chiffres trouvent leur origine dans une déclaration de...Dilma Roussef datant de septembre 2015 en prévision des objectifs assignés quelques mois plus tard par l'Accord de Paris sur le climat, visant à ne pas limiter un réchauffement de 2°C en 2100. Un point important alors que de nombreuses ONG accusent aujourd'hui Jair Bolsonaro, l'actuel président brésilien, climatosceptique notoire, de défendre des politiques agro-forestières et donc de favoriser la déforestation de l'Amazonie.

Un président brésilien qu'Emmanuel Macron accuse aujourd'hui de mensonge alors que l'Amazonie est en proie aux flammes depuis plusieurs semaines. "Compte tenu de l'attitude du Brésil ces dernières semaines, le président de la République ne peut que constater que le président Bolsonaro lui a menti lors du sommet (du G20, ndlr) d'Osaka", a déclaré l'Elysée, estimant que "le président Bolsonaro a décidé de ne pas respecter ses engagements climatiques ni de s'engager en matière de biodiversité". "Dans ces conditions, la France s'oppose à l'accord Mercosur en l'état", poursuit la présidence de la République. 

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La décision de ne pas ratifier l'accord jugée "hypocrite" par les Insoumis

L'accord de libre échange reste encore très critiqué, notamment par le secteur agricole ou les écologistes. Les opposants au traité ont donc salué la décision du président de la République de ne pas le ratifier. "Une première étape essentielle", selon Nicolas Hulot, ancien ministre de l'Ecologie qui ajoute qu'"elle doit être suivie de sanctions commerciales interdisant les importations de produits agricoles brésiliens pour tenter de stopper la déforestation." 

La France insoumise, elle, salue également cette décision prise par le président de la République qu'elle qualifie toutefois d'"d'hypocrite si dans le même temps Emmanuel Macron ne revient pas sur les autres traités écocides", en référence notamment au CETA, le traité de libre-échange avec le Canada. L'eurodéputée LFI Manon Aubry a elle aussi estimé sur Twitter que "la ficelle est grosse pour nous faire oublier qu'il (Emmanuel Macron, ndlr) a fait voter cet été le #CETA".

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