Angela Merkel, première dirigeante Allemande à visiter le camp d'Auschwitz depuis 25 ans

Angela Merkel, première dirigeante Allemande à visiter le camp d'Auschwitz depuis 25 ans
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MÉMOIRE - La chancelière Allemande Angela Merkel s'est rendue dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz ce vendredi 6 décembre, pour la première fois de son mandat. Sur place, elle a exprimé sa "honte profonde" pour les crimes perpétrés par les nazis.

C'était sa première visite de ce site historique, symbole de l'extermination des Juifs par les nazis. La chancelière allemande Angela Merkel s'est rendue à Auschwitz ce vendredi 6 décembre. Elle est ainsi la première dirigeante d'un gouvernement allemand à visiter le camp de concentration depuis près de 25 ans. Sur place, la voix nouée par l'émotion, elle a rappelé que "la mémoire des crimes nazis est inséparable de l'identité allemande".

Être conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale- Angela Merkel, chancelière allemande, à propos des crimes nazis

"Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c'est une responsabilité qui ne cesse jamais. Ce n'est pas négociable. Et c'est inséparable de notre pays. Etre conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale", a déclaré Angela Merkel. Accompagnée pour ce déplacement par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki ainsi que par des représentants de la communauté juive, ils y ont rencontré un survivant d'Auschwitz âgé de 87 ans, qui leur a livré son témoignage.

Le Premier ministre polonais a souligné que les témoins des crimes commis à Auschwitz étaient de plus en plus rare. "Nous sommes d'autant plus obligés d'en préserver la mémoire. Car si la mémoire disparaît, c'est comme si nous blessions pour la deuxième fois les gens qui ont vécu l'enfer ici, qui ont traversé d'indicibles souffrances", a-t-il ajouté. La chancelière a ensuite insisté sur le fait qu'il était "important" de rendre au camp d'Auschwitz son appartenance. Bien que situé dans l'actuelle Pologne, le camp était dans une région "annexée en octobre 1939 par le Reich". Elle a également déclaré qu'il était "important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous mêmes".

Angela Merkel a exprimé sa "honte profonde"

La chancelière a insisté tout au long de ses déclarations sur la "honte profonde" qui l'habite et que ressentent les Allemands vis-à-vis des crimes du 3e Reich et de ce qui a été commis dans cet ancien camp d'extermination nazi. Avec ses paroles, Angela Merkel se place en totale opposition avec les parlementaires d'extrême droite, qui siègent depuis deux ans au Bundestag et prônent la fin de la "culture du repentir".

Cette visite intervient en effet au moment où l'Allemagne fait face à une résurgence de l'antisémitisme. Angela Merkel a ainsi mis en garde contre "la montée du racisme et la propagation de la haine" et contre "l'antisémitisme qui menace les communautés juives en Allemagne, en Europe et dans le monde entier". Une inquiétude partagée par Ronald Lauder, président du Congrès juif mondial, présent ce jour aux côtés de la chancelière. "L'antisémitisme reste une force perverse et résurgente dans le monde aujourd'hui, ce qui rend l'enseignement de l'Holocauste plus important que jamais", a-t-il souligné.

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Comme pour renforcer ces propos, Angela Merkel a annoncé la veille de sa visite l'octroi de 60 millions d'euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau. Cet argent devra servir au maintien du site où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945.

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