Annuler la vente de navires Mistral à la Russie, une sanction risquée

Annuler la vente de navires Mistral à la Russie, une sanction risquée

DirectLCI
RUSSIE - Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que Paris pourrait "envisager" d'annuler la vente de navires militaires Mistral à la Russie, "si Poutine continue ce qu'il fait". Une annonce qui passe mal auprès des salariés des chantiers navals français.

Mistral perdant pour la Russie ? Au lendemain d'une première salve de sanctions diplomatiques à l'égard de Moscou, la France plancherait désormais sur une pénalité militaire. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ainsi évoqué lundi soir l'annulation de la vente de navires français Mistral "si Poutine continue ce qu'il fait" en Ukraine. Une annonce qui a fait l'effet d'une bombe pour les salariés de St-Nazaire, obligeant le ministre à rectifier le tir.

Le contrat signé avec Moscou pour la vente de deux navires de projection et de commandement (BPC) de type Mistral se chiffre en effet à plus d'un milliard de dollars. Un juteux projet dont l'annulation aurait des conséquences sociales, puisqu'il représente plus d'un millier d'emplois pour la région des chantiers navals de St-Nazaire. Dont les salariés ont accueilli avec stupeur les déclarations du ministre, lundi soir sur TF1.

"La réalité de l'emploi et de l'économie"

"Ce qui est envisagé c'est la suspension de ces contrats. D'un coté, on comprend bien que nous ne pouvons pas envisager de livrer en permanence des armements compte tenu de ce comportement, de l'autre il y a la réalité de l'emploi et de l'économie", a donc tempéré le ministre ce mardi sur Europe 1.

Après une première série de sanctions - inédites dans l'histoire des relations UE-Russie depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991 -, les Occidentaux comptent sur l'impact d'un isolement international croissant de la Russie. Ils se réservent la possibilité d'imposer des sanctions économiques et commerciales susceptibles d'avoir des conséquences bien supérieures. Et pour cause : les Etats-Unis et l'UE comptent parmi les trois principaux partenaires de Moscou. Reste à savoir jusqu'où osera aller l'Europe.

VIDEO - Laurent Fabius, lundi soir sur TF1 :

Plus d'articles

Sur le même sujet