Hollande et Trump se sont appelés : qu'ont-ils bien pu se dire ?

DIPLOMATIE - Quelques heures avant de lui parler au téléphone, François Hollande avait appelé l'Europe à se montrer ferme avec Donald Trump, après ses annonces et déclarations fracassantes. Lors de l'appel, le président français n'a semble-t-il pas dévié de sa ligne.

Il avait déjà réaffirmé sa défiance vis-à-vis de Donald Trump, ce samedi matin à Lisbonne, appelant l'Europe à "répondre" avec "fermeté" au président-milliardaire, après plusieurs déclarations fracassantes de ce dernier. "Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des Etats-Unis sur l'Europe et lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre", déclarait-il. Le communiqué écrit à la suite du coup de fil entre les deux présidents, donne à penser que l'état d'esprit du chef d'Etat français n'avait pas vraiment dévié... même si on ignore la version américaine de la conversation.

Climat

Quand le président des Etats-Unis évoque le climat pour dire qu'il n'est pas encore convaincu de l'utilité de cet accord, nous devons lui répondreFrançois Hollande avant le coup de fil

Donald Trump n'a jamais fait de la protection de l'environnement sa priorité et le respect de l'accord signé à la Cop21, essentiel aux yeux du président français, ne lui paraît pas essentiel. Il l'a, une fois de plus prouvé, ces derniers jours en relançant deux projets d'oléoducs très controversés, le Keystone XL reliant le Canada aux Etats-Unis et le Dakota Access Pipeline. Ces derniers avaient été bloqués par Barack Obama au nom de la lutte contre le changement climatique. Le républicain avait déjà lors de sa campagne et à plusieurs reprises, réfuté le réchauffement climatique qu'il qualifiait de "canular". 


Aujourd'hui à la tête des Etats-Unis, il a retenu Scott Pruitt pour diriger l'Agence de protection de l'environnement, un proche de l'industrie des énergies fossiles. Ce dernier avait eu toutes les peines du monde à reconnaître, lors de son audition au Sénat, le rôle de l'homme dans le réchauffement de la planète, s'aliénant pour l'occasion l'ancien candidat à l'investiture démocrate, le sénateur Bernie Sanders.

Le président de la République a rappelé l'importance pour la planète de la mise en oeuvre de la convention de Paris sur le réchauffement climatiqueCommuniqué de l'Elysée après l'appel

Brexit

Lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, nous devons lui répondreFrançois Hollande avant le coup de fil

Donald Trump a profité de sa rencontre avec Theresa May ce vendredi pour lui rappeler tout le bien qu'il pensait du Brexit.  "Le Brexit va être une chose merveilleuse pour votre pays", assurait celui qui avait prédit que son élection serait "un Brexit puissance trois". "Quand ça va s'aplanir, vous allez avoir votre propre identité, et vous allez avoir les gens que vous voulez dans votre pays", a-t-il précisé. "Et vous allez pouvoir conclure des accords de libre-échange sans avoir quelqu'un qui vous surveille et regarde ce que vous faites".


Au passage, le milliardaire avait également indiqué qu'il ne se souciait "pas vraiment" de savoir si les pays européens allaient rester unis ou se séparer, estimant que "l'UE a été construite, partiellement, pour battre les Etats-Unis commercialement". Pas de quoi réjouir François Hollande, qui avait soutenu de tout son coeur le maintien des Britanniques dans l'Union européenne.

Le Président de la République a fait part de sa volonté de poursuivre son action en faveur du renforcement de l'UE dans tous les domainesCommuniqué de l'Elysée après l'appel

La Russie

Concernant ce que nous devons faire par rapport à la Russie, tout cela mérite le dialogueFrançois Hollande avant le coup de fil

Donald Trump n'a jamais caché sa fascination et sa volonté de se rapprocher de la Russie. "J'espère que nous aurons une relation fantastique. C'est possible. Et c'est aussi possible que ça ne marche pas. On verra ce qui se passera", a-t-il déclaré ce vendredi, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche en compagnie de Theresa May


Le président est resté flou sur une possible levée de sanctions internationales contre la Moscou. "Nous verrons ce qui va se passer. Il est très tôt pour parler de cela", avait-il botté en touche. Ces sanctions, soutenues par les principaux dirigeants de l'Union européenne, François Hollande le premier, avaient été déclenchées en réaction au rattachement de la Crimée en mars 2014 suivi de l'intervention russe en soutien à des séparatistes ukrainiens dans l'est de l'Ukraine.

Les sanctions liées à la situation en Ukraine ne pourront être levées que lorsque la situation à l'Est du pays serait régléeCommuniqué de l'Elysée après l'appel

Les réfugiés

Quand il refuse l’arrivée de réfugiés, alors que l'Europe a fait son devoir, nous devons lui répondreFrançois Hollande avant le coup de fil

La France n'a beau pas avoir été la plus accueillante des nations en matière de réfugiés, François Hollande et Donald Trump n'en sont pas moins fermement opposés sur le sujet. Le président américain a ainsi commencé son sérieux tour de vis en matière d'immigration et de réfugiés. Un décret publié ce vendredi par la Maison Blanche interdit pendant trois mois l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A l'exception de leurs ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales. 


Donald Trump avait défendu cette mesure, expliquant qu'il s'agissait de "nouvelles mesures de contrôle pour maintenir hors des Etats-Unis les terroristes islamiques radicaux". La communauté internationale s'est montrée très inquiète face à cette mesure. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) ont appelé les Etats-Unis à "poursuivre leur longue tradition de protection de ceux qui fuient les conflits et les persécutions"

La défense de nos démocraties n'est efficace que si nous l'inscrivons dans le respect des principes qui la fondent, en particulier l'accueil des réfugiésCommuniqué de l'Elysée, après l'appel

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Donald Trump

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter