Apple, Google... Obama veut taxer les profits offshore des géants américains

Apple, Google... Obama veut taxer les profits offshore des géants américains

ETATS-UNIS - Le budget 2016 du président Barack Obama, dévoilé ce lundi, établit une série de priorités pour la "classe moyenne" et les infrastructures américaines, financées par des réformes fiscales ciblant les contribuables les plus aisés et les entreprises.

Leur trésor de guerre atteint quasiment le PIB de la France. Soit quelque 2100 milliards de dollars ! Mesure-choc du budget 2016 présenté ce lundi (l'exercice budgétaire 2016 commencera le 1er octobre 2015), l'administration Obama veut s'attaquer aux montagnes d'argent amassées par les multinationales américaines à l'étranger, en proposant une taxe exceptionnelle de 14%.

Ce prélèvement cible une pratique légale ("Tax inversion") mais hautement controversée : la possibilité pour les entreprises américaines de stocker indéfiniment une partie de leurs bénéfices à l'étranger, hors de portée du fisc des Etats-Unis. Des grands noms de l'industrie américaine (Apple, Google, Microsoft, General Electric, Pfizer...) se sont engouffrés en masse dans cette brèche pour échapper à l'impôt sur les sociétés aux Etats-Unis, le plus élevé parmi les pays industrialisés avec un taux de 35%.

Un "deal" qui a peu de chances de passer au Congrès

Lorgnant ces milliards de dollars, la Maison-Blanche propose un "deal" en deux parties. Dans un premier temps, la taxe "exceptionnelle" de transition de 14% serait prélevée sur l'ensemble de ces fonds, qui pourraient alors être rapatriés légalement aux Etats-Unis. Les caisses de l'Etat verraient ainsi arriver 238 milliards de dollars de recettes fiscales qui serviraient à financer un plan d'investissement dans les infrastructures. Par la suite, les entreprises devront chaque année payer "au moins" 19% sur leurs bénéfices à l'étranger et n'auront plus la possibilité de différer le paiement de leurs taxes. Une solution qui s'accompagnerait d'un abaissement de l'impôt sur les bénéfices à 28%.

Clin d'oeil en direction des classes moyennes – qui selon le Président "règle l'addition" à la place des multinationales –, la mesure ne devrait pas faire le bonheur des milieux d'affaires. Un des principaux groupements d'entreprises américaines, Lift, a déjà prévenu qu'une taxe exceptionnelle ferait reculer "encore davantage" la compétitivité fiscale aux Etats-Unis. Le plan n'a de toute façon que de très maigres chances d'aboutir au Congrès, où les républicains sont majoritaires.

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