Après Ferguson, la mort d'Eric Garner, tué par un policier, indigne Twitter

Après Ferguson, la mort d'Eric Garner, tué par un policier, indigne Twitter

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ETATS-UNIS - La mise hors de cause, par un grand jury mercredi à New York, d'un policier blanc ayant tué un père de famille noir lors d'une interpellation musclée, soulève une nouvelle vague d'indignation outre-Atlantique. Revue de tweets.

Aux Etats-Unis, les décisions de justice se suivent et se ressemblent trop. Dix jours après une affaire similaire à Ferguson (Missouri) qui avait suscité des émeutes, un grand jury a estimé mercredi qu'il n'y avait pas de cause raisonnable pour inculper Daniel Pantale, le policier blanc qui a tué un homme noir de 43 ans, Eric Garner, en voulant l'interpeller dans les rues de New York, le 17 juillet dernier. Une décision qui a soulevé une nouvelle vague d'indignation aux Etats-Unis, notamment sur Twitter.

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"Je ne peux pas respirer"

Parmi les nombreux tweets échangés sur le sujet, une vidéo amateur tourne beaucoup : c'est celle montrant les faits. On y voit Eric Garner, soupçonné de vente illégale de cigarettes, demander aux policiers de le laisser tranquille. Puis les agents entreprennent une interpellation musclée de l'homme. L'un d'eux, Daniel Pantale, pratique sur Eric Garner une prise au cou qui lui sera fatale. L'homme s'écroule au sol. Il sera déclaré mort peu après, et le médecin légiste conclura à un homicide.

Outre la vidéo, le texte des derniers mots d'Eric Garner émeut les internautes. Où l'on voit qu'avant de perdre connaissance et de mourir, l'homme a répété plusieurs fois : "Je ne peux pas respirer".

Suite aux décisions de Ferguson et de New York, où les deux policiers mis en cause pour la mort d'un homme ont échappé à un procès, l'humoriste Chris Rock s'interroge : "Que doit faire un policier dans ce pays pour être inculpé ?"

Dans la même veine, le célèbre réalisateur Michael Moore ironise sur la décision surprenante du grand jury : "Je suppose que la vidéo d'un policier étouffant un homme à mort n'est pas un élément suffisant pour prouver qu'un policier a étouffé un homme à mort".

De nombreux twittos relèvent que dans cette affaire, un homme a bien été inculpé. Il s'agit de Ramsey Orta, le passant qui a tourné les images amateur du drame. Il a été arrêté un mois après avoir filmé la mort d'Eric Garner, pour délits mineurs et possession illégale d’une arme à gros calibre, mais se dit victime de représailles de la part de la police.

Eric Garner était père de six enfants. Une photo le montrant entouré de sa famille a fait le tour des réseaux sociaux.

A New York mercredi, plusieurs manifestations ont eu lieu au sujet de l'affaire. A la gare de Grand Central, une cinquantaine de personnes se sont couchées sur le sol en fin d'après-midi, faisant mine d'être mortes.

Mercredi soir, après l'annonce de la décision du grand jury, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans plusieurs quartiers de la ville. Une trentaine de personnes ont été arrêtées.

Dans les rues de New York comme sur Twitter, les derniers mots d'Eric Garner sont repris comme un slogan : "I can't breathe" (Je ne peux pas respirer).

"Black lives matter" (les vies noires comptent) est le mot d'ordre des manifestants. Il a même été repris par le maire de New York, Bill De Blasio, qui a fait mercredi soir un discours aux accents très personnels, expliquant qu'il avait lui-même évoqué avec son fils métis "les dangers qu'il pourrait rencontrer" lors d'interactions avec la police.

Jeudi matin, la presse new-yorkaise s'est fait l'écho de l'indignation de la population.

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