Attentat de Berlin : Anis Amri est-il bien passé par la France ?

International
CAVALE – Anis Amri, abattu vendredi par la police italienne, laisse derrière lui plusieurs questions sans réponse. Les enquêteurs devront notamment déterminer s'il a bénéficié de l'aide de complices et de quelle manière il est passé (ou non) par la France. Dans ce contexte, la Tunisie annonce avoir arrêté trois personnes liées au terroriste.

Sa cavale a pris fin à Milan, cinq jours après son attentat au camion-bélier sur le marché de Noël de Berlin. S’il ne constitue désormais plus une menace pour les autorités européennes, Anis Amri laisse derrière lui plusieurs questions pour le moment sans réponse. Au même moment, la Tunisie vient d'annoncer avoir procédé à l'arrestation de trois personnes liées au terroriste, dont l'un de ses neveus. De quoi faire la lumière sur certaines zones d'ombre ?

A-t-il eu des complices ?

L’enquête en Allemagne est désormais tournée dans ce sens. Anis Amri a-t-il bénéficié d'une aide apportée par des complices ou était-il un loup solitaire ? "Il est d’une grande importance de déterminer si, dans la préparation et la perpétration (de l’attentat) et la fuite du suspect, il y a eu un réseau de soutien, un réseau d’aide des complices ou des personnes qui l’ont soutenu", reconnaissait vendredi Peter Frank, chef du parquet antiterroriste allemand.


Arrivé en juillet 2015 en Allemagne après de nombreux séjours dans les prisons italiennes, Amri était connu par la police comme un individu radicalisé et dangereux. Il avait des contacts avec la mouvance salafiste et djihadiste présente dans le pays, particulièrement avec "Abou Walaa", accusé de piloter un réseau de recrutement pour le compte de Daech dans l’ouest de l’Allemagne. Même si celui-ci a été arrêté, des membres du réseau auraient pu l’aider.


À Berlin, Amri fréquentait, selon les médias allemands, une mosquée tenue par des islamistes. La police, soupçonnant qu'Amri aurait pu s'y cacher et y demander de l’aide, la police l’avait perquisitionnée plusieurs fois depuis l’attaque.

Quand et comment est-il passé par la France ?

La police italienne affirme qu'Anis Amri est revenu sur le territoire italien via la France. D'après nos informations, deux billets de train ont été retrouvés sur son cadavre, les deux pour des trajets censés être effectués jeudi 22 décembre : tout d'abord, un  Lyon-Chambéry puis ensuite un Chambéry-Milan avec un stop par Turin pour changer de train. Ces deux billets ont été achetés à la gare de Lyon Part-Dieu avec du liquide, nous indique Europe 1. Il reste pour l'heure impossible de savoir s'ils ont été achetés par Amri lui-même ou un complice. A noter que pour l'instant, il est aussi impossible de déterminer la première partie de son trajet, entre Berlin et Lyon. 


Comment Amri a-t-il pu traverser la frontière, sachant qu’un mandat d’arrêt européen a été lancé mercredi ? Était-il déjà en France à ce moment-là ? L’enquête devra également répondre à la question du trajet précis du terroriste, afin de savoir par quelle "porte" il a pu entrer dans l’Hexagone. Par la route ? Par le train ? Interrogé samedi matin lors d'un déplacement à Issy-les-Moulineaux, Bruno Le Roux a réaffirmé toute "sa confiance aux policiers et aux gendarmes", sans donner plus de détails sur les investigations. Il a redit qu'il fallait prendre les informations qui circulaient avec "prudence".

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Anis Amri serait-il passé par la France ? Bruno Le Roux appelle "à la plus grande prudence sur les informations qui peuvent être données"

Qu’a-t-il fait avant l’attentat ?

En Allemagne depuis juillet 2015, Amri a été surveillé par la police de mars à septembre 2016. Elle le soupçonnait de vouloir acheter des armes pour préparer un attentat. N’ayant rien pu prouver outre un "petit trafic de drogue", elle a levé sa surveillance. Le futur terroriste a donc pu agir librement, ce qui vaut à la police allemande d'être aujourd'hui accusée de négligence ou de naïveté, pour s'être laissée berner par Anis Amri.


Dans une vidéo diffusée vendredi par le groupe État islamique, on peut voir Anis Amri prêter allégeance au groupe terroriste, dans un endroit proche de la mosquée radicale du quartier de Moabit où il avait ses habitudes. Selon des médias allemands, cette vidéo aurait été tournée à l’automne, au moment où il n’était plus surveillé par la police.


C’est également près de ce quartier qu’il aurait volé le camion ayant servi à l’attentat. Le propriétaire du poids lourd, un Polonais, a été retrouvé mort dans sa cabine, tué par balles, le corps transpercé de coups de couteau et le visage tuméfié. Les enquêteurs pensent qu’il s’est battu avec Amri pour le forcer à arrêter le véhicule au moment où il traversait le marché de Noël.

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Attentat du marché de Noël de Berlin

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