Après l'incendie du camp de Lesbos, les migrants appellent à l'aide

Après l'incendie du camp de Lesbos, les migrants appellent à l'aide

EN SURSIS - Deux jours après l'incendie, manifestement volontaire, qui a détruit le camp de migrants de l'île de Lesbos, il faut désormais reloger plus de 12 000 personnes. Et face à l'urgence sanitaire, plusieurs pays européens, dont la France, vont accueillir 300 jeunes mineurs.

Sur les bitumes ou dans les champs pour la troisième journée consécutive, des milliers de réfugiés ayant fui les incendies du camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, rêvent de partir pour Athènes et l'Europe. Mais les policiers empêchent les exilés 

d'accéder au port. "On a passé trois nuits ici, et à chaque fois, il fait très froid. Et ce n'est pas que moi, c'est aussi très dur pour les femmes et les bébés", raconte un réfugié. Agé de quelques mois, l'un d'eux se réveille à même le sol, submergé par les larmes, après une nuit passée dehors avec seulement quelques couvertures pour se protéger du froid. 

En tout, ce sont 12.000 personnes, des enfants, des familles entières, qui n'ont plus aucun abri. Certains essaient même de construire des tentes de fortune en attachant des bambous. "On ne peut pas rester à dormir là comme ça, c'est inhumain", s'insurge un autre migrant.  "Qu'allons-nous devenir ? Ici, nous souffrons depuis trois jours. Nous avons soif, faim, nous ne pouvons pas aller aux toilettes ou nous doucher..." déplore cette réfugiée congolaise, allongée sur un carton en guise de 

matelas. La jeune mère de deux enfants s'est collée au camion des forces anti-émeute qui bloque la route vers le port de Mytilène. "Peut-être qu'ils se décideront à nous laisser passer. Nous ne voulons plus rester ici, nous voulons juste être 

en paix, avoir des conditions de vie dignes", implore-t-elle. 

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Colère et exaspération

La seule arme qu'il leur reste, c'est de manifester leur colère. Notamment contre la construction d'un nouveau camp. Une solution qui ne fera que recréer les problèmes de l'ancien, avec pour seul bagage, le manque de vivres, l'insalubrité et surtout la maladie. D'ailleurs, la semaine dernière, un premier malade du coronavirus a été détecté. 

Et c'est ce qui aurait pu créer l'étincelle. Le ministère des Migrations grec a ainsi laissé entendre que le feu de mardi avait démarré après des incidents, certains migrants protestant contre la mise en quarantaine du camp suite à la détection de cas de coronavirus. Mais les réfugiés ne sont pas de cet avis : "Je ne sais pas qui a mis le feu, ils accusent les réfugiés mais cela pourrait être aussi des habitants de l'île qui ne voulaient pas que nous restions dans le camp de Moria. Ils se montraient parfois agressifs envers nous", raconte une jeune Afghane.

Les migrants demandent désormais l'aide de l'Union européenne. Pour l'instant, la France et l'Allemagne ont accepté d'accueillir 300 enfants isolés. Un plan d'aide européen plus important devrait être annoncé à la fin du mois.

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