Après la condamnation d’Alexeï Navalny, les relations russo-européennes au "plus bas"

Les chefs de la diplomatie européen et russe, Joseph Borrell et Sergueï Lavrov, le 5 février 2021

DIPLOMATIE – La condamnation de l’opposant russe et les arrestations qui ont suivi mettent à mal les relations diplomatiques entre la Russie et l’Europe. Vendredi 5 février, Moscou a annoncé l’expulsion de diplomates européens.

La peine de prison infligée mardi 2 février à Alexeï Navalny n’a pas seulement provoqué l’indignation de ses soutiens, elle a aussi suscité de nombreuses réactions de dirigeants occidentaux. Très vite, Londres, Paris et Berlin ont appelé à la "libération immédiate" de l’opposant russe, érigé ennemi public numéro 1 du Kremlin, ainsi qu’au respect des libertés des manifestants. "La condamnation d’Alexeï Navalny est inacceptable. Un désaccord politique n’est jamais un crime. Nous appelons à sa libération immédiate. Le respect des droits humains comme celui de la liberté démocratique ne sont pas négociables", a notamment dénoncé Emmanuel Macron dans un tweet écrit en français et en cyrillique. 

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Dans la foulée, Vladimir Poutine a balayé les avertissements de la communauté internationale, les qualifiant d’"ingérence". Près des 10.000 arrestations, violentes pour certaines, ont eu lieu au cours des manifestations ayant suivi la condamnation du blogueur russe. Et les relations entre Moscou et l’Europe se sont tendues davantage vendredi 5 février lorsque le Kremlin a réclamé le départ de diplomates européens du pays. 

Les ambassadeurs russes convoqués à Berlin et Varsovie

La Russie reproche à ces fonctionnaires originaires d’Allemagne, de Pologne et de Suède d’avoir participé à des rassemblements "illégaux le 23 janvier", organisés en soutien à Alexeï Navalny à Moscou et à Saint-Pétersbourg. En réalité, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a profité de la venue, prévue de longue date, de son homologue européen Josep Borrell à Moscou pour taper du poing sur la table et lui manifester son intention d’expulser les diplomates. Tour à tour, l’Union européenne, l’Allemagne, la Suède et la Pologne ont condamné la décision russe. Tandis que les ambassadeurs russes à Berlin et à Varsovie ont été convoqués, le ministère suédois des Affaires étrangères s’est réservé "le droit de réagir de façon appropriée". Josep Borrell, lui, a convenu que les rapports russo-européens étaient aujourd’hui au "plus bas". Pourtant, des efforts diplomatiques avaient été entrepris jusque-là. 

Frappant la Russie de sanctions depuis son annexion de la Crimée en 2014, l’Union européenne a toutefois identifié en 2016 cinq points de convergences avec Moscou qu’elle considère toujours d’actualité, comme le rappelle Le Monde. Ceux-ci impliquent la mise en œuvre des accords de Minsk mettant fin au conflit en Ukraine, condition sine qua none pour le réchauffement des relations, le renforcement de la "résilience européenne" en matière de sécurité énergétique ou de communication stratégique ou encore le soutien européen à la société civile russe. "Soyons clairs, le bilan est plus que mitigé", souligne par ailleurs un spécialiste de Bruxelles au quotidien. 

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Ceci étant, les chefs de la diplomatie russe et européen ont réussi à s’accorder sur un point : la nécessité de coopérer en matière de vaccins. Josep Borrell a d'ailleurs salué le vaccin russe Spoutnik V, une "bonne nouvelle pour l’humanité" selon lui. Fraichement adoubé par la revue scientifique The Lancet, le vaccin russe cherche aujourd’hui sa place sur le continent européen - et Moscou à gagner en influence. Mardi 2 février, la Hongrie est devenue le premier pays-membre de l’UE à recevoir des doses de Spoutnik V, en dépit d’un avis de l’Agence européenne des médicaments.

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