Après le massacre d’une famille de Mormons au Mexique, Donald Trump veut déclarer "la GUERRE" aux cartels

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RÉACTION - Le Mexique et les Etats-Unis pourraient s'entendre pour une coopération accrue contre les gangs armés qui ont apparemment pris en embuscade les membres d'une communauté de mormons américains, massacrant neuf d'entre eux.

"C’est un massacre." Sur les ondes de Radio Formula, Julian Lebaron n’avait pas d’autre mort pour qualifier les corps criblés de balles de sa cousine et de ses quatre enfants retrouvés à bord de leur camionnette calcinée, dans une région du Mexique proche de la frontière américaine. "Ma cousine Rhonita allait chercher son époux à l’aéroport de Phoenix (Etats-Unis). Ils leur ont tendu une embuscade, ils ont ouvert le feu sur la camionnette et ils l’ont brûlée avec ses quatre enfants", a-t-il aussi raconté. Les assaillants ont, en outre, séquestré deux autres véhicules qui accompagnaient le premier. Les corps sans vie de deux autres femmes et deux autres enfants, un garçon et une fille âgés d’une dizaine d’années, ont ensuite été retrouvés.

Il est temps pour le Mexique, avec l’aide des États-Unis, de déclarer la GUERRE à ces cartels et de les faire disparaître de la surface de la Terre.- Donald Trump, président des États-Unis

Entre cinq et six autres enfants, dont un a été blessé par balle, ont réussi à s’échapper et à rentrer chez eux à pied, tandis qu’une fillette, après avoir couru dans les bois pour se cacher, reste portée disparue. Tous font partie d’un groupe dissident de l’Eglise mormone ayant quitté les Etats-Unis au début du 20e siècle. Le ministre mexicain de la Sécurité, Alfonso Durazo, a estimé mardi matin que l’attaque qui a visé la famille LeBaron à Rancho de la Mora, à la frontière des États du nord de Sonora et de Chihuahua, pourrait venir d’une "confusion", le convoi de Mormons ayant pu être pris pour un autre groupe armé. Il n’empêche : l’affaire fait grand bruit dans les deux pays.

Le pire qui puisse arriver, c’est la guerre.- Andrés Manuel Lopez Obrador, président du Mexique

Au point que Donald Trump, qu’on savait déjà préoccupé par le flot de migrants et donc par la nécessité de maintenir le calme à la frontière, s’en est saisi. "Une famille merveilleuse et leurs amis de l’Utah se sont fait prendre par deux cartels de la drogue, qui se tiraient dessus. Résultat, plusieurs Américains sont morts, dont de jeunes enfants. Si le Mexique a besoin d’aide pour faire disparaître ces monstres, les États-Unis sont prêts, volontaires et disposés à s’impliquer rapidement et efficacement. Le génial nouveau président du Mexique en a fait une priorité, mais les cartels sont devenus si grands et puissants que parfois, il faut une armée pour battre une armée. Il est temps pour le Mexique, avec l’aide des États-Unis, de déclarer la GUERRE à ces cartels et de les faire disparaître de la surface de la Terre", a-t-il en effet déclaré, (comme souvent) dans une série de tweets.

Ledit "génial nouveau président", Andrés Manuel Lopez Obrador, au pouvoir depuis bientôt un an, a remercié son homologue américain pour sa proposition. Mais, tout en promettant d’"examiner toutes les façons possibles de coopérer", il a aussi exprimé son souhait de "veiller au respect de notre souveraineté", et surtout ajouté que, selon lui, "le pire qui puisse arriver, c’est la guerre". Une guerre existant pourtant à échelle civile dans certaines villes mexicaines, comme à Culiacan où, le 17 octobre dernier, le cartel de Sinaloa a attaqué la police et l’armée à balles réelles, incendiant des voitures et transformant certains quartiers en zones de guerre durant plusieurs heures, jusqu’à obtenir la libération d’Ovidio Guzman Lopez, l’un des fils du célèbre narcotrafiquant "El Chapo".

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En outre, le Mexique bénéficie déjà d’une assistance sécuritaire américaine, sous la forme notamment de l’Initiative Merida qui a permis le versement de 1,8 milliard de dollars depuis 2008 pour combattre le trafic de drogue, la criminalité et l’impunité sévissant dans le pays. En vain, pour l’heure : avec 25.890 meurtres recensés depuis le début de l’année au Mexique, un nouveau record de violence pourrait être battu en 2019. Avant qu’une nouvelle "coopération continue" (selon les termes de la Maison blanche) soit éventuellement mise en place, notons enfin que le président mexicain avait déjà demandé une aide aux États-Unis, mais pour endiguer le trafic d'armes "made in USA" qui inonde illégalement son pays, générant un profit de 127 millions de dollars par an dans les caisses de l'industrie américaine de l'armement. Une demande restée lettre morte.

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