Après la (très) douce condamnation d'un violeur, la Californie durcit sa législation

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CULTURE DU VIOL - Après le scandale déclenché par un viol à l'université de Stanford pour lequel le coupable n'a purgé que trois mois, la Californie a adopté vendredi 30 septembre deux lois qui étendent la définition du viol et rendent obligatoire la prison si la victime est inconsciente.

Brock Turner, 21 ans, condamné pour le viol d'une jeune femme ivre et inconsciente sur le campus de la prestigieuse université de Stanford, a recouvré sa liberté début septembre pour bonne conduite, après avoir purgé la moitié de sa peine. Soit trois "petits" mois derrière les barreaux.

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La légèreté de cette peine avait choqué l'Amérique et avait été critiquée comme encourageant une "culture du viol" sur les campus. Une lettre ouverte de la victime à Turner, lue lors du procès et relayée dans les médias et les réseaux sociaux, avait ému tout le pays. Au point que le vice-président, Joe Biden, lui-même, avait écrit à son tour une lettre à la jeune femme pour la remercier d'avoir livré son histoire. 

Prison obligatoire pour les agressions sur une personne inconsciente

Une pétition rassemblant plus d'un million de signataires avait réclamé, par ailleurs, le renvoi du juge Aaron Persky qui avait décidé de la sentence, estimant qu'il n'entendait pas "ruiner la vie d'un jeune homme pour une erreur de 20 minutes". Ancien sportif de Stanford comme l'accusé, Persky avait été accusé de parti pris en faveur de Turner. 


"Violer les personnes qui agressent des personnes vulnérables, ivres ou inconscientes est un crime répréhensible et doit être traité ainsi", avait déclaré le député californien Bill Dodd, l'un des rapporteurs de la loi, au moment de la proposition du texte fin juin. "Des violeurs comme Brock Turner ne devraient pas s'en sortir avec une simple tape sur la main", avait pour sa part déclaré Evan Low, un autre député démocrate.


Le gouverneur de Californie Jerry Brown a donc signé deux lois vendredi 30 septembre : la première étend désormais les peines de prison obligatoire, sans qu'un juge puisse accorder de libération conditionnelle, pour ceux qui sont reconnus coupables d'agression sur une personne inconsciente. L'autre texte vient élargir la définition légale de viol pour inclure d'autres formes d'agressions (pénétration sous quelque forme que ce soit). Jusqu'à présent, seul le viol avec l'usage de la force était passible d'une peine de prison ferme.

Une grande victoire, donc, pour les députés démocrates à l'origine de ces deux lois. D'autant que la tendance en Californie est à la réduction des peines de prison obligatoires, afin de lutter notamment contre la surpopulation carcérale.


Le gouverneur a ratifié par ailleurs mercredi 28 septembre une loi supprimant la prescription pour les crimes sexuels, une mesure demandée par beaucoup dans la foulée de l'affaire de l'acteur Bill Cosby, accusé par des dizaines de femmes de les avoir agressées sexuellement, des faits qui remontent pour certains aux années 1960.

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