Après les derniers fiascos, l'Oklahoma suspend les exécutions jusqu'en 2016

Après les derniers fiascos, l'Oklahoma suspend les exécutions jusqu'en 2016
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PEINE DE MORT - L'Oklahoma a décidé de suspendre toutes les condamnations à mort jusqu'en 2016. Cette décision intervient alors que plusieurs exécutions ont mal tourné. En cause : la présence du mauvais produit dans les injections létales, qui viendrait de fabricants douteux.

L'Oklahoma a annoncé vendredi 16 octobre la suspension de toutes les exécutions prévues jusqu'en 2016. Cette décision intervient alors que cet Etat du centre des Etats-Unis est secoué par des faits d'exécutions qui ont mal tourné, en raison de l'utilisation du mauvais produit dans les injections létales.

La condamnation à mort de Charles Warner a tiré la sonnette d'alarme. Cet Américain exécuté en janvier a agonisé pendant 18 minutes alors qu'il avait reçu le mauvais produit lors de l'injection létale : de l'acétate de potassium au lieu du chlorure du potassium, qui est censé arrêter le cœur. Des précédents de condamnations agonisantes avaient déjà eu lieu dans l'Oklahoma, notamment celle de Clayton Lockett, qui avait rendu son dernier souffle 40 minutes après l'injection.

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De mauvais produits dans les injections létales

Le procureur général de l'Oklahoma, Scott Pruitt, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer pourquoi de l'acétate de potassium s'est retrouvé dans les injections létales de plusieurs exécutions. Le 30 septembre également, l'exécution de Richard Glossip a été annulée lorsque les autorités ont découvert la présence du mauvais produit dans la seringue.

Le procureur général a précisé qu'il ne demandera aucune exécution pendant 150 jours suivant la fin de l'enquête. "Mon bureau n'a pas l'intention de demander au tribunal de fixer une date d'exécution jusqu'à la conclusion de l'enquête", a déclaré Scott Pruitt dans un communiqué rapporté par Fox News , qui rappelle par ailleurs que le protocole d'exécution doit être respecté à la lettre par les prisons.

Pénurie et boycott

Il semblerait que la présence du mauvais produit dans les injections létales soit le résultat de pénuries de médicaments mortels dont souffrent les prisons américaines. Les fournisseurs – des compagnies pharmaceutiques européennes pour la plupart – boycottent l'administration pénitentiaire américaine, sous la pression de militants abolitionnistes. Cette pénurie conduirait les prisons à revenir à des méthodes d'exécutions sans produits chimiques – le Texas est ainsi revenu au peloton d'exécution, à la chaise électrique ou au gazage – ou alors à se fournir auprès de pharmaciens ou de fabricants douteux.

Le rapport d'autopsie de Charles Warner a révélé que le médecin légiste avait reçu deux seringues étiquetées "chlorure de potassium", alors que celles-ci contenaient en réalité de l'acétate de potassium, non prévu dans le protocole officiel des exécutions. Le fournisseur de l'injection prévue pour Richard Glossip assurait pour sa part que l'acétate de potassium et le chlorure de potassium avaient les mêmes effets souhaités, avec la même dose. Or, les experts de produits pharmaceutiques et chimiques garantissent que les deux produits ne sont pas assimilés par le corps de la même façon.

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