Après les géants du numérique, les entreprises américaines frappent à leur tour Trump au portefeuille

Donald Trump quitte la Maison Blanche le 12 janvier 2021 pour la première fois depuis les violences au Capitole afin de se rendre au Texas pour vanter son mur avec le Mexique.

BANNI - Déjà expulsé des grands réseaux sociaux, le bientôt ex-président voit également se tarir la générosité de ses donateurs, mais aussi sa capacité à lever de nouveaux fonds, pour un retour en politique qu'il envisage sérieusement.

Isolé politiquement, Donald Trump pourrait aussi le devenir économiquement. Ces dernières 48 heures, après voir vu l'essentiel des grandes plateformes en ligne le bannir temporairement ou définitivement c'est au tour de nombre de grandes sociétés américaines de prendre leurs distances, et cette fois de lui couper les vivres, tant pour l'homme politique que pour l'homme d'affaires, devenu le plus encombrant des clients.

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Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Un mouvement qui a débuté avec Shopify, la plateforme de commerce en ligne que le candidat Trump utilisait pour vendre les produits dérivés et matériels de campagne à son effigie. Des casquettes rouges MAGA et de grands drapeaux bleus désormais indisponibles... et qu'il aurait de toute façon été difficile d'acheter, la startup Stripe, un géant du paiement en ligne, ayant indiqué qu'elle ne gérerait plus les achats par carte bancaire pour le compte de Trump.

Autre attaque au portefeuille, celle qui lui coupe la manne des donations de ses fans. Lundi, Salesforce, géant de l'informatique dans le cloud, a déclaré qu'il arrêtait quelque temps le service de mailing que le Parti Républicain gérait chez eux, un service qui faisait depuis le scrutin présidentiel des appels répétés aux fonds des militants et sympathisants, une base de données de 20 millions d'adresses mail qui ne recevront plus de messages de Donald Trump comme celui-ci.

Depuis que la défaite de Donald Trump à la présidentielle a été officialisée, nombreux sont qui soupçonnaient le président américain de refuser le résultat du scrutin pour justement galvaniser ses supporters... et leur demander des dons censés l'aider à inverser le résultat de l'élection. Une promesse contredite dans les notes de bas de pages de certains de ses appels aux dons, quand elles précisent que ceux récoltés jusque-là peuvent servir à rembourser ses frais de campagne... ou à financer la prochaine.

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Les donateurs disent Stop

Mais à côté des donateurs particuliers, c'est surtout sur les dons des entreprises que reposait la campagne. Et là aussi, le début de semaine a été cruel. Coup sur coup, le géant de l'hôtellerie Marriott, American Express, CItibank, les 36 mutuelles de l'alliance Blue Cross-Blue Shield, mais aussi le puissant syndicat AFL-CIO ont déclaré qu'ils ne donneraient plus un dollar au candidat Trump, certains l'appelant dès ce mardi à quitter la Maison Blanche.

D'autres grandes entreprises, comme la banque JP Morgan Chase, mais aussi Microsoft, Facebook, ou Alphabet, maison-mère de Google, ont pour leur part décidé de suspendre les activités de leur Comité d'action politique (PAC), aussi bien en faveur de républicains que de démocrates. Des PAC qui collectent les dons des employés de ces entreprises, et les reverse aux candidats, souvent assortis d'une bonification versée par l'entreprise elle-même. Des modes de financement de la vie politique qui aujourd'hui posent question. Pour Daniel Newman, co-fondateur de l'organisation MapLight, qui étudie de près les financements des partis et responsables politiques, la suspension de ces contributions "peut avoir un impact réel en envoyant le message clair que rompre avec les normes démocratiques et répandre de la désinformation ne sera pas toléré".

Deutsche Bank ferme le ban

Même les comptes personnels du président sont aujourd'hui dans la balance. Signature Bank, qui les gère, a indiqué avoir commencé à les fermer, la banque s'étant également engagée "à ne plus collaborer à l'avenir avec aucun des membres du Congrès ayant voté contre" la certification de l'élection de Joe Biden, soit 139 parlementaires républicains dont les prochaines campagnes risquent d'être fort compliquées.

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La colère d'Arnold Schwarzenegger contre Trump après les violences du Capitole

Dernier soutien à lâcher le locataire de la Maison Blanche, la Deutsche Bank, qui a longtemps financé par des prêts les projets de l'homme d'affaires Trump, et parfois épongé ses dettes. Un soutien inextinguible, qui avait même survécu à la faillite des casinos de Donald Trump à Atlantic City. La banque est d'ailleurs au cœur de plusieurs enquêtes, sur les soupçons de collusion entre Trump et la Russie, ou encore sur les affaires immobilières de son gendre, Jared Kushner. La fin de décennies de relations d'affaires qui ne prendront pas fin tout de suite : Donald Trump doit encore environ 300 millions de dollars à la banque.

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