Après les JO de Sotchi, les opposants de Poutine reprennent le chemin des camps

Après les JO de Sotchi, les opposants de Poutine reprennent le chemin des camps

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DROITS DE L'HOMME - La justice russe a condamné lundi sept opposants à des peines fermes allant jusqu'à quatre ans de camp pour des violences lors d'une manifestation anti-Poutine en 2012. Un jugement dénoncé par l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme.

La parenthèse démocratique ouverte durant les JO de Sotchi n'aura pas duré bien longtemps. Au lendemain de la cérémonie, un tribunal a lourdement condamné sept opposants pour des violences lors d'une manifestation anti-Poutine, en 2012. Un jugement "cruel, inadéquat" ont dénoncé leurs avocats.

Les condamnations sont allées de deux ans et six mois de camp pour Iaroslav Belooussov à quatre ans pour Sergueï Krivov. Trois opposants ont aussi été condamnés à trois ans et six mois, un à trois ans et sept mois et un à deux ans et sept mois. Une huitième manifestante, Alexandra Doukhanina, seule femme à être jugée, a elle été condamnée à une peine de trois ans et trois mois avec sursis. "C'est un jugement prononcé en tenant compte de la situation politique et non en fonction des accusations", ont tancé leurs avocats à la sortie du tribunal, devant des centaines de personnes venues soutenir les opposants. Plus de 200 d'entre eux ont d'ailleurs été interpellées pour "tentative de trouble à l'ordre public" vendredi, mais également ce lundi.

"Peut-on vraiment parler de troubles?"

Le Parquet avait requis entre cinq et six ans de camp durant ce procès dont le jugement était attendu en fin de semaine. C'était sans compter les JO : de l'avis de plusieurs observateurs et opposants, la justice russe ne pouvait se permettre d'être trop sévère avant la fin des Jeux dans ce procès hautement symbolique. "Ils ont reporté l'audience après les jeux Olympiques", qui se sont clôturés dimanche soir, a déclaré à Dojd l'opposant Boris Nemtsov. "Je suis sûr que Poutine ne voulait pas que des images de détenus accompagnent le triomphe de la clôture des JO", a renchéri Alexeï Navalny avant son interpellation.

Une trentaine de personnes au total ont été inculpées dans l'"affaire Bolotnaïa", du nom de la place du "marais" au centre de la capitale russe, où avait dégénéré une manifestation le 6 mai 2012 contre l'investiture le lendemain de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président. Certains l'ont été pour avoir jeté des bouteilles en plastique sur des policiers, d'autres pour avoir renversé des cabines de toilettes publiques ou résisté aux forces de l'ordre. Selon le code pénal russe, la notion de "troubles massifs" signifie "atteinte à l'ordre public par une foule, incendie volontaire, destruction de biens, utilisation d'armes à feu, d'explosifs". Il n'y a cependant eu ni morts ni blessés graves ni coups de feu ou incendie volontaire au cours de cette manifestation violemment réprimée selon l'ex-dissidente soviétique Lioudmila Alexeeva : "Quand on voit ce qui se passe dans d'autres pays, peut-on vraiment parler de troubles?"

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