Après #MeToo, la Suède change sa définition du viol

Après #MeToo, la Suède change sa définition du viol

International
SUÈDE - A la suite de la campagne #MeToo, qui a eu des effets très importants en Suède, une loi vient d'entrer en vigueur dans le pays pour changer la définition du viol : les éléments constitutifs de la contrainte et de la menace ne sont plus les seuls marqueurs. Désormais, le juge devra déterminer s'il y a eu, ou non, un consentement explicite lors de l'acte sexuel.

Une loi dans la droite ligne du mouvement #MeToo. En Suède, dimanche 1er juillet est entrée en vigueur une loi sur le consentement sexuel, qui considère comme viol tout acte sexuel sans accord explicite, même en l'absence de menace ou de violence. Dans ce pays, sera donc considérée comme coupable de viol toute personne qui aura réalisé un acte sexuel avec une autre qui n'y a pas participé "librement". 


Avant ce texte, les lois suédoises ne reconnaissaient le viol qu'en présence d'un acte sexuel accompagné de violence ou accompli sous la menace. La juge Anna Hannell, qui a participé à l'élaboration de cette loi, démonte par avance toutes les critiques qui pourraient être formulées à son encontre : "Il n'y a absolument aucune exigence de dire oui formellement, de cliquer sur un bouton dans une appli ou quoique ce soit de cet acabit. Simplement participer physiquement est un signe de consentement", rappelle-t-elle dans la presse. Du coup, les tribunaux devront être attentifs à une chose, pour déterminer s'ils sont face à un viol ou non : à ce que le "consentement soit exprimé par les mots, les gestes ou d'une autre manière".

#MeToo : l'effet d'un ouragan

Et des critiques, il y en a beaucoup... L'ordre des avocats et le Conseil des lois, notamment, s'interrogent sur la mise en pratique de ce texte porté par la majorité sociale-démocrate et verte. De leur côté, les membres du gouvernement estiment que cette législation envoie un signal fort. Ils ont ailleurs décidé dimanche d'allouer 120 millions de couronnes (11,5 millions d'euros) à la lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles. "#MeToo a montré avec force qu'il reste beaucoup plus à faire pour lutter contre le harcèlement sexuel et les violences sexuelles au travail et dans le reste de la société", a expliqué la ministre de la parité, Lena Hallengren, dans un communiqué.


En effet, en Suède, la campagne #MeToo a fait l'effet d'un ouragan. Déclenchée par une succession d'accusations contre le magnat de Hollywood Harvey Weinstein, elle a bouleversé l'ensemble de la société suédoise. Et a eu pour résultat direct une hausse de 10% des plaintes pour viol par rapport à l'année précédente, dans tout le pays. 

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