Après sa tentative de suicide, la détention de Chelsea Manning va se durcir

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PRISON – Condamnée à 35 ans de prison pour avoir transmis des documents secrets à WikiLeaks, Chelsea Manning a tenté de mettre fin à ses jours le 5 juillet. L’armée envisage désormais de durcir ses conditions de détention, pourtant déjà jugées "inhumaines".

La détention de la taupe de WikiLeaks devrait être durcie. L’organe disciplinaire de l’armée envisage de renforcer le régime de privation de liberté de Chelsea Manning après sa tentative de suicide le 5 juillet, rapporte Le Monde . Chelsea Manning, ancienne militaire transsexuelle qui s'est fait connaître sous le nom de Bradley Manning, a été condamnée à 35 ans de prison en août 2013 pour avoir transmis plus de 700.000 documents confidentiels au site WikiLeaks, notamment une vidéo montrant des militaires américains abattre un groupe de civils irakiens en 2007, et se trouve actuellement détenue dans une prison militaire. 

EN SAVOIR + >>  Chelsea Manning a-t-elle tenté de mettre fin à ses jours ?  

D’après l’ American Civil Liberties Union (Aclu), qui défend les libertés civiles outre-Atlantique, il est notamment reproché à cette femme son "refus de soumissionau personnel de la prison". L’armée envisagerait de la mettre à l’isolement pour une période indéterminée, rapporte The Intercept , alors que les conditions de détention de Chelsea Manning ont déjà été jugées "inhumaines".

Isolement et dépression

Plusieurs mois après sa condamnation en 2013, Chasse Strangio, avocat de l’ACLU, indiquait que Manning était entrée dans une phase dépressive : "Le gouvernement est informé de la souffrance de Chelsea Manning qui se voit refuser tout traitement médical dû à son changement de sexe." Si le traitement hormonal a été autorisé l'année dernière, l'informatrice de WikiLeaks est toutefois toujours détenue dans une prison pour hommes et n'est pas considérée, aux yeux de l'armée, et malgré une décision judiciaire allant dans ce sens, comme une femme militaire.

Isolement prolongé et refus de soins médicaux : la détenue est soumise à une détention "contre-productive et stupide ", avait reconnu en 2011 un porte-parole du département d’Etat, poussé depuis à la démission. Un rapporteur des Nations unies avait également estimé que Chelsea Manning subissait une détention "cruelle, inhumaine et dégradante". Mais pour le Pentagone, ces mesures visent à prévenir toute tentative de suicide de la détenue. Pourtant, elles n’ont pas empêché Chelsea Manning d’attenter à sa vie.

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