Arabie Saoudite : l'accès à des matches de foot, nouvelle victoire pour les droits des femmes

Arabie Saoudite : l'accès à des matches de foot, nouvelle victoire pour les droits des femmes

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DROITS - Pour la première fois, en Arabie Saoudite, des femmes pourront assister à des matches de football vendredi. Une interdiction de moins, même si les restrictions sont encore nombreuses dans le royaume.

Conquérir sa liberté, autorisation après autorisation. Depuis plusieurs mois, des droits sont accordés au compte-goutte en Arabie Saoudite en faveur des femmes, premiers pas d'une lente évolution dans ce royaume ultraconservateur. Un royaume où leur quotidien demeure régi par les hommes.

De nouveaux droits

Place aux femmes dans les stades. A partir du 12 janvier, elles pourront assister à des matches de football de la Ligue professionnelle. L'autorisation, accordée en octobre par le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, concerne seulement trois stades : ceux de Ryad, Jeddah et Damman. Ils pourront accueillir des familles avec des places spéciales.


Autre secteur : le divertissement. Début décembre, Ryad a accueilli un festival de comédie amateur, un concert du compositeur grec Yanni, accompagné de vocalistes féminines, et le tout premier concert réservé aux femmes où s'est produite la chanteuse libanaise Hiba Tawaji. Objectif : faire oublier la réputation austère du royaume, malgré les réticences des milieux conservateurs. Le grand écran, lui aussi, va devenir un loisir. Le 11 décembre, les autorités ont annoncé qu'elles allaient autoriser l'ouverture de salles de cinéma à partir de début 2018. En janvier, le mufti d'Arabie Saoudite, plus haute autorité religieuse du pays, s'était pourtant insurgé contre la possible ouverture de cinémas et la tenue de concerts, estimant qu'elles seraient sources de "dépravation"…


Enfin, depuis le 26 septembre 2017, l'interdiction de conduire une voiture a été levée. Cette mesure, réclamée depuis 1990 par des militantes dont certaines ont été arrêtées pour avoir défié l'interdiction, doit entrer en vigueur à partir de juin 2018. Les Saoudiennes pourront également conduire des motos et des camions.

En vidéo

Arabie Saoudite : pourquoi les femmes ne pourront pas conduire avant juin 2018

Des interdictions toujours intactes

Malgré ce début de libéralisation, les femmes restent soumises à d'autres restrictions. Le système de tutelle continue ainsi de les enchaîner en les obligeant à solliciter l'autorisation d'un membre masculin de la famille proche pour des démarches de la vie quotidienne. Cela signifie, dans la pratique, qu'une femme peut se trouver dans l'obligation de demander à son frère cadet la permission d'entreprendre une intervention médicale ou de voyager à l'étranger.


Les femmes ne sont généralement pas autorisées à se mêler à des hommes autres que les membres de leurs familles proches et peuvent être jetées en prison si elles le font. A la fin de leur peine, leur tuteur masculin peut ne pas signer l'ordre de libération, les laissant ainsi à la charge de l'Etat.


Des restrictions sont aussi imposées en matière de mariage : en plus de l'interdiction qu'on trouve dans la plupart des pays arabes de contracter un mariage avec des non-musulmans, le Comité permanent pour les recherches islamiques et l'émission de Fatwas --un organisme officiel-- a décidé qu'une femme sunnite ne pouvait épouser un "homme chiite ou communiste (athée)".

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