Arabie Saoudite : prison et coups de fouet confirmés pour Raif Badawi

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LIBERTE D'EXPRESSION - Le blogueur saoudien Raif Badawi avait été condamné en novembre dernier à 1000 coups de fouet et à dix ans de prison. La peine vient d'être confirmée par la Cour Suprême d'Arabie saoudite.

Raif Badawi devra bien recevoir 1000 coups de fouet, et passer dix ans en prison. Malgré l'indignation internationale, la Cour suprême d'Arabie saoudite a confirmé la peine qui avait été prononcée en novembre dernier à l'encontre ce blogueur saoudien pour "insulte à l'islam", a annoncé dimanche sa femme . "La Cour suprême a confirmé la décision d'infliger à Raif dix ans de prison, dix ans d'interdiction de sortie du royaume et 1000 coups de fouet", a indiqué son épouse à l'AFP, en précisant que la condamnation comportait aussi une amende d'un million de riyals (266.000 dollars).

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Vers une reprise des séances de flagellation

Depuis le Canada où elle s'est réfugiée avec ses trois enfants, Ensaf Haidar s'est dite "choquée" par la décision que la Cour suprême a rendue "trois mois après avoir été saisie de l'affaire". L'épouse de l'animateur du site internet Liberal Saudi Network n'a pas caché sa déception après "cette décision de la Cour suprême, finale et sans appel". "J'espérais qu'à l'approche du ramadan (le mois de jeûne musulman, qui commence vers le 17 juin) et avec le nouveau roi en Arabie saoudite, les prisonniers d'opinion dans le royaume, dont Raif, soient graciés", a-t-elle ajouté.

Ensaf Haidar a ajouté craindre que les séances de flagellation reprennent rapidement, peut-être "à partir de la semaine prochaine". Condamné en 2014 à 10 ans de prison et à 1.000 coups de fouet (cinquante par semaine pendant vingt semaines), Raif Badawi a déjà subi une première séance de flagellation le 9 janvier, mais les séances suivantes ont été repoussées, d'abord pour des raisons de santé, puis pour des motifs non précisés.

"Journée noire pour la liberté d'expression"

Dimanche, l'ONG Amnesty International s'est indignée de la décision de la Cour suprême saoudienne, dénonçant une "journée noire pour la liberté d'expression". "Il est odieux que ce jugement cruel et injuste ait été maintenu", a dit Philip Luther, directeur de la branche Moyen-orient et Afrique du nord.

Farouche défenseur de la liberté d'expression, Raif Badawi est emprisonné depuis 2012. Son site internet avait appelé à la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, une stricte version de l'islam. Il est lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse.

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