Arabie Saoudite : un homme suscite une polémique en donnant à sa fille le même prénom que celle de Trump, Ivanka

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ARABIE SAOUDITE - Une famille saoudienne a baptisé sa petite fille Ivanka, en référence à la fille du Président des Etats-Unis, Donald Trump. Interviewé, le père confirme que ce choix témoigne aussi bien de l’admiration pour l’homme politique que d’un challenge envers les lois en vigueur dans le royaume.

La petite Ivanka Al Anzi est née le 26 avril dernier à la maternité de Arar, ville située à l'extrême nord de l'Arabie Saoudite, dans la province d'Al-Hudud ach-Chamaliya. Son prénom, particulièrement inhabituel pour une jeune saoudienne, a néanmoins été enregistré, et donc validé, sur son certificat de naissance. Une copie de celui-ci a alors circulé dans les médias saoudiens. Et sur les réseaux sociaux, la nouvelle suscite autant d'applaudissements que de réprobations.


Le père, Salem Amer Salem Al Ayashi Al Anzi, assure que son choix a été déterminé par plusieurs raisons : parce qu’il aime ce prénom, parce qu’il aime Donald Trump (et voit d’un très beau œil les liens qui se tissent entre les Etats-Unis et l’Arabie-Saoudite) et parce qu’il avoue un penchant pour l’effronterie. En effet, des proches l’avaient prévenu que le prénom "Ivanka" risquait de ne pas être accepté par l’administration générale du statut civil en Arabie-Saoudite, elle qui refuse systématiquement - jusqu'ici du moins - les prénoms jugés "blasphématoires" ou "socialement intolérables". 


Interviewé par Arab News, Salem Amer Salem Al Ayashi Al Anzi affirme qu’il y a pas d’interdictions morales ou religieuses à l’égard du prénom "Ivanka" dans le culture arabe, ajoutant qu’un ami l’avait informé que ce prénom signifiait : "Dieu est gracieux". 

50 prénoms bannis en 2014

La naissance et la validation du prénom d'Ivanka ont été célébrés en fanfare par les amis et les collègues qui soutiennent la décision du père, pour la simple et bonne raison que sa famille et lui-même étaient libres de choisir le prénom de la petite fille. Les détracteurs, eux, dénoncent un prénom est si inhabituel en Arabie-Saoudite que la fille de Salem risque de subir des brimades et, en sortant de la norme, d’être ostracisée. 


L'affaire n'est pas à prendre à la légère. En mars 2014, le ministère de l’intérieur Saoudien avait banni pas moins de 50 prénoms car d'origine non arabe, jugés blasphématoires ou renvoyant à la royauté. Ainsi, des prénoms occidentaux comme Sandy, Alice, Linda et les prénoms Malek (ange), Nabi (prophète), Jibril (Gabriel) et Imen (foi) avaient été refusés. Ce n’est pas le cas d'Ivanka, donc.

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