Arabie Saoudite : une femme nommée pour la première fois ambassadrice aux Etats-Unis

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ARABIE SAOUDITE - Pour la première femme de son histoire, l'Arabie Saoudite vient de nommer une femme au poste d'ambassadrice aux Etats-Unis, la princesse Rima bint Bandar. Une nomination qui s'inscrit dans le contexte houleux de la disparition du journaliste Khashoggi.

C'est une première. L'Arabie saoudite a nommé samedi 23 février une femme au poste d'ambassadrice aux Etats-Unis. La princesse Rima bint Bandar va ainsi remplacer à Washington le prince Khaled ben Salmane, frère cadet du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, nommé ministre adjoint de la Défense. Elle sera la toute première femme à occuper ce poste-clé au sein de la diplomatie saoudienne.


La princesse Rima est la fille du prince Bandar ben Sultan, qui fut ambassadeur aux Etats-Unis de 1983 à 2005. Elle a été pratiquement élevée aux Etats-Unis et elle est l'une des rares femmes impliquées dans la vie publique. Considérée comme une défenseuse des droits des femmes, elle a notamment fait campagne pour une participation accrue de ces dernières dans le sport saoudien.

Contexte tendu

Dans le même temps, son pays fait face à de nombreuses critiques de défenseurs des droits humains en raison de la détention jugée arbitraire d'une dizaine d'activistes des droits des femmes et d'accusation de mauvais traitements et de tortures qu'elles auraient subis. Deux jeunes femmes sont actuellement réfugiées à Hong-Kong : elles ont fui la violences des hommes de leur famille et risquent la peine de mort si elles retournent dans leur pays, pour apostasie et blasphème. 


Par ailleurs, cette nomination intervient alors que les relations entre les deux alliés ont été mises à mal ces derniers mois par l'affaire Khashoggi, journaliste saoudien tué en Turquie. L'affaire embarrasse l'administration américaine de Donald Trump, soucieuse de préserver son alliance stratégique avec le royaume. Le Sénat américain a de son côté jugé que Mohammed ben Salmane, alias "MBS", était "responsable" du meurtre de Khashoggi, qui collaborait notamment avec le Washington Post. L'Arabie saoudite a quant à elle toujours nié l'implication de son prince héritier, mettant en cause des responsables moins haut placés, présentés comme des éléments "incontrôlés" et actuellement devant la justice saoudienne.

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