HISTOIRE - Tous les regards sont portés sur les Britanniques qui doivent se prononcer ce jeudi sur l'avenir de leur pays au sein de l'Union européenne. Mais depuis l'après-guerre, les relations entre le Royaume-Uni et l'Europe sont électrisantes et en 1975 déjà, le pays avait voté sur la question de son appartenance à la Communauté européenne.

C’est le grand jour. Ce jeudi, les Britanniques sont appelés aux urnes pour statuer sur l’avenir de leur pays au sein de l’Union européenne. On ne le sait pas forcément, mais c'est la seconde fois de son histoire que le Royaume-Uni a l'occasion de décider de rester ou de quitter ses partenaires. Flashback.

Si le pays a fini par intégrer l’UE en 1973, le processus d’adhésion remonte à 1961. A l’époque, le général de Gaulle s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans ce qui n’est encore que le "Marché commun" des Six (Belgique, France, Allemagne, Italie, Luxembourg et Pays-Bas), évoquant lors d’ une conférence de presse de janvier 1963 , une incompatibilité entre les intérêts économiques continentaux et insulaires. Il faut attendre plus de dix ans - et la disparition du général de Gaulle - pour que l’île intègre le processus européen avec l’accord des Français.

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Mais en 1975, deux ans seulement après son adhésion à la Communauté économique européenne (CEE) - l’ancêtre de l’UE - un premier référendum sur la question de l’appartenance à l’UE est organisé sous la bannière d'Harold Wilson. Cette décision intervient en 1974, dans un contexte électoral tendu alors que le parti n’a plus de majorité à la Chambre des communes. Comme David Cameron, Wilson fait campagne en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union. En donnant la parole au peuple, le leader travailliste espère consolider son pouvoir au sein de son parti et du pays. 

"Le référendum de 1975 venait surtout confirmer une adhésion à l’Europe qui était parvenue quelques années auparavant", explique à RFI Agnès-Alexandre Collier, spécialiste de la vie politique britannique et de la politique européenne et étrangère du Royaume-Uni. Finalement, les électeurs approuvent par 67,2% des voix le maintien dans le Marché commun. Dans le Lincolnshire, berceau de l’ex-Première ministre Margaret Thatcher, le score atteint même 75%. A cette époque, la dame de fer arborait un pull noir décoré de drapeaux de pays européens en guise de slogan pro-Europe. Un symbole de nouveau réutilisé cette année, rapporte RTL .

Soixante ans de relations tendues entre les Britanniques et l’Europe

Mais les relations entre le Royaume-Uni et l’UE - déjà tendues depuis la fin de la Seconde guerre mondiale - ne s’améliorent pas et les désaccords demeurent nombreux au fil de l’histoire. Comme le rappelle  le Monde , à son arrivée au pouvoir en 1979, Margaret Thatcher décide de partir en croisade contre le conseil européen, estimant que les subventions agricoles européennes profitaient davantage à la France qu’au Royaume-Uni. Elle obtient gain de cause en 1984.

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Pendant ce temps, dans un manifeste de 1983 , Michael Foot, dirigeant des travaillistes de l’époque, défend une sortie du continent, expliquant que "l’intégration de l’Angleterre dans l’Europe a rendu plus difficile la lutte contre les problèmes économiques et industriels". Dans son discours de Bruges en 1988, Margaret Thatcher elle, s’oppose à une Europe fédérale. En 1990, elle s’oppose à une monnaie unique et entretient des relations très tendues avec Jacques Delors, alors président de la Commission européenne. En octobre de la même année, elle déclare que "l’Europe est un pays de cinglés où habite Jacques Delors".

En 1992 à la conclusion du traité de Maastricht, le Royaume-Uni obtient une clause d’exemption dite "opt-out", qui lui permet d’échapper à la troisième phase de l'Union économique et monétaire (UEM) destinée à établir une monnaie unique. En 1999, l’euro devient la monnaie commune de onze pays européens. En 2015, ils sont 19 des 28 pays membres de l’UE à l’avoir adopté. Réfractaires depuis le début, les Britanniques eux, conservent la livre sterling. Un nouveau pan d’histoire pourrait s'écrire ce jeudi selon l’issue du référendum...

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Brexit : une majorité de Français pense que les Anglais vont quitter l’UE
 

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