Argentine : nouvelle chance au Parlement pour la légalisation de l'IVG, des dizaines de milliers de "foulards verts" mobilisés

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MARÉE VERTE - Mardi 28 mai, plusieurs heures avant le dépôt d'une nouvelle proposition de loi sur l'avortement, des dizaines de milliers de jeunes Argentines brandissant des foulards verts, signe de ralliement à la cause pro-IVG, se sont mobilisées devant le Congrès.

C'est la première tentative de faire évoluer la loi sur l'IVG en Argentine depuis l'échec, de justesse, de la légalisation en 2018. Alors qu'une nouvelle proposition de loi était présentée ce mardi au Parlement, des dizaine de milliers de jeunes femmes brandissant des foulards verts, signe de ralliement à la cause pro-IVG, se sont mobilisées devant le Congrès. Lors du dépôt de la proposition de loi, la députée de gauche Victoria Donda a dit qu'elle tablait sur un vote de la chambre des députés cette année. Bousculé par la campagne électorale, l'agenda parlementaire ne permettra probablement pas au Sénat de se prononcer en 2019.


Il y a un an, un mouvement d'une ampleur inédite porté par des organisations féministes avait suscité un débat passionné dans le pays du pape François. La proposition de loi avait été approuvée par les députés, mais rejetée par les sénateurs, plus conservateurs, sous l'influence de l'Eglise. Samedi 25 mai au Vatican, le souverain pontife a rappelé l'opposition historique de l'Eglise catholique en comparant l'IVG à un crime. "Est-il licite d'éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? Est-il licite d'embaucher un tueur à gages pour résoudre un problème?", a-t-il déclaré. 

Le foulard vert a encore gagné en visibilité la semaine dernière quand le documentaire "Que sea ley" (Une loi vite) de l'Argentin Juan Solanas a été présenté au Festival de Cannes. Le cinéaste espagnol Pedro Almodovar et l'actrice Penelope Cruz ont apporté leur soutien au mouvement en arborant un foulard vert. En réaction à ce symbole arboré par les pro-IVG, les anti-avortement ont créé un foulard bleu ciel avec comme slogan "La défense des deux vies", celle de la mère et celle du foetus. 


Mardi, dans un coin de la place du Congrès, des opposants à l'IVG peinaient à se faire entendre. "Tous les enfants ont le droit de vivre, ceux qui sont programmés et ceux qui ne le sont pas. La vie, c'est dès la conception", martèle Nelida Rodriguez, parée d'un foulard bleu ciel. A quelques mètres de là, un groupe de femmes vêtues de vert et arborant l'emblématique foulard chantent: "Ceux qui disent vouloir sauver les deux vies sont ceux qui couvrent les curés pédophiles". La loi actuellement en vigueur autorise l'avortement dans des cas spécifiques de viol, de risques pour la santé de la mère mais, dans les faits, des provinces ou des médecins s'y opposent, et des fillettes de 10 ou 11 ans se heurtent à un refus des autorités de pratiquer un avortement. On estime qu'une centaine de femmes meurent chaque année à la suite d'avortements pratiqués dans de mauvaises conditions sanitaires. 

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