Sadisme, privations... Quatre enfants libérés d'une nouvelle "maison de l’horreur" en Arizona

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ENFER À DOMICILE – Après celle découverte mi-janvier en Californie, une nouvelle "maison de l’horreur" provoque l’effroi aux Etats-Unis. Accusés de maltraitance envers leurs quatre enfants adoptifs en Arizona, Carol et Benito Gutierrez ont été mis en examen et placés en détention.

L’enfer au quotidien. Pas ou peu de nourriture, interdiction de se laver, obligation de demander la permission pour aller aux toilettes : voici quelques exemples des terribles sévices que subissaient encore récemment quatre Américains âgés de 6 à 12 ans une fois rentrés chez eux. Leurs parents adoptifs viennent d’être mis en examen pour maltraitance à Tucson, en Arizona, après la récente découverte de cette nouvelle "maison de l’horreur". Placés en détention provisoire, Carol et Benito Gutierrez, 64 et 69 ans, se sont (logiquement) vus retirer la garde de leurs enfants sur-le-champ. 

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À peu de choses près, tout aurait pourtant pu rester comme avant. Selon les autorités, c’est presque par hasard que l’heureuse délivrance s’est produite, samedi 17 février dernier, à Pima, petite localité de l’est de l’Etat. Et pour cause : alors qu’il voulait passer un coup un fil à son oncle, raconte The Arizona Daily Star, le fils aîné du couple s’est échappé du domicile familial pour trouver un téléphone dans une boutique d’un centre commercial situé à proximité. Arrivé à destination, son allure et sa chevelure ébouriffée ont fini par éveiller les soupçons des vendeurs qui, après avoir parlé au garçon, ont décidé de prévenir la police. 

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Privées d’accès à la salle de bain, rationnées, parfois à l’extrême, dans leur alimentation, enfermées dans leur chambre, les quatre jeunes victimes devaient même implorer la permission de leurs parents pour pouvoir faire leurs besoins – sans être sûrs d’y être autorisées. Le sadisme à domicile. Interrogée par les enquêteurs, Carol Gutierrez a expliqué qu’elle n’arrivait pas à gérer ses enfants, qualifiés de "menaces volant et mangeant toute la nourriture", raison pour laquelle elle les séquestrait. D’après les dires de l’aîné, la fratrie vivait recluse quotidiennement (ou presque) de 17h l’après-midi à 6h du matin, soit douze heures d'affilées, la moitié d'une journée.   

Comment le couple a-t-il pu échapper à la surveillance des services sociaux ? Pourquoi l’alerte n’a-t-elle pas été donnée avant ? Selon les médias locaux, aucun signe manifeste de mauvais traitement n’avait été décelé, notamment à l’école, où les enfants obtenaient de bons résultats. Pour la police, ils n’étaient sans doute pas conscients de l’inhumanité de leurs conditions de vie. L’affaire provoque en tout cas des remous au sein des institutions responsables des adoptions, accusées d’une sélection peu rigoureuse et d’un mauvais suivi des dossiers. "Ce genre de cas est malheureusement devenu la norme ces derniers temps", a déploré le shérif. Une allusion, entre autres, à l’arrestation, mi-janvier, de David et Louise Turpin, qui avaient, eux aussi, fait vivre à leurs 13 enfants l’enfer au quotidien.  

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