Malgré les recours judiciaires et les contestations, l'Arkansas va exécuter cinq prisonniers avant la fin avril

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IMBROGLIO - L'Etat américain de l'Arkansas veut se dépêcher d'exécuter cinq condamnés avant l'expiration d'un médicament utilisé pour les exécutions. La justice étudie les recours.

Depuis quelques semaines, l’Arkansas est plongé dans un imbroglio judiciaire des plus surréalistes. À cause d’un médicament utilisé pour les exécutions qui va arriver à expiration à la fin du mois, le gouverneur de l’État avait ordonné la mise à mort de huit criminels avant la fin avril. Malgré l'annulation d'une des peines de mort et le sursis obtenu in extremis par deux des condamnés, l’État est déterminé à poursuivre ce que les juges ont appelé "une frénésie" d’exécutions.


Le duel entre le bureau du procureur et le gouverneur d’un côté, et les avocats des prisonniers et les activistes de l’autre, s’est fortement accéléré le week-end dernier. Chaque camp a remporté tour à tour une manche, au gré des recours qui sont allés jusqu’à la Cour suprême des États-Unis.

Trois exécutions retardées après des décisions de justice

Les neuf sages de la Cour suprême ont mis leur veto lundi 17 avril à l’exécution de Don Davis, le premier sur la liste des condamnés, seulement quelques minutes avant sa mise à mort. Le détenu avait même pris ce qui aurait dû être son dernier repas. Bruce Ward, qui devait également être exécuté lundi, avait obtenu vendredi un sursis auprès de la Cour suprême de l'Arkansas. Quant à Jason McGehee, qui devait recevoir une injection létale le 27 avril, avait obtenu le 6 avril un délai d'un mois, le temps qu'une demande de clémence soit examinée.


Aucune exécution n'avait été réalisée dans cet Etat depuis 2005. L'Arkansas prévoyait à l'origine de réaliser huit exécutions en onze jours, du jamais-vu depuis que la Cour suprême américaine a rétabli la peine de mort en 1976.

Aucun changement dans l’agenda des exécutions

Malgré les nombreux revers, le bureau du procureur va continuer à suivre le programme des exécutions organisé par le gouverneur de l’Arkansas Asa Hutchinson. Dans un communiqué, le gouverneur a exprimé sa "frustration" car "le retard des exécutions blessent les familles des victimes".


Ledell Lee et Stacey Johnson seront exécutés jeudi 20 avril, puis Jack Harold Jones et Marcel Williams le 24 avril et enfin Kenneth Williams le 27 avril, a indiqué à l'AFP Judd Deere, porte-parole du procureur de l'Arkansas. Si trois hommes ont obtenu un sursis salvateur, la mobilisation reste solide pour ceux figurant encore sur le calendrier morbide du gouverneur, qui a provoqué de nombreuses manifestations et une réprobation internationale.

Une autre bataille judiciaire ouverte

En marge de cet entrelacs de recours au cas par cas, un autre front judiciaire a été ouvert en fin de semaine dernière. Cette fois par la société américaine de distribution de produits pharmaceutiques McKesson. L'entreprise accuse les autorités pénitentiaires de lui avoir acheté du bromure de vécuronium - qui provoque une paralysie des muscles - sans l'avoir prévenue qu'il serait utilisé dans un protocole de mise à mort de prisonniers.


Un juge local a tranché en sa faveur vendredi, suspendant les exécutions programmées. Mais une cour d'appel a levé ce blocage et donné son feu vert à l'Etat pour qu'il suive le protocole médicamenteux prévu. "Les prisonniers préparent une pétition pour demander à la Cour suprême des Etats-Unis de l'invalider", a précisé à l'AFP Rob Dunham, directeur du Centre d'information sur la peine de mort. Si l'attaque sur ce flanc était victorieuse, le camp anti-peine de mort pourrait remporter la guerre dans l'Arkansas. Au moins temporairement.

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