Arménie : le Premier ministre dénonce une tentative de coup d'État militaire

Arménie : le Premier ministre dénonce une tentative de coup d'État militaire

DIPLOMATIE - Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a dénoncé jeudi une tentative de coup d'État. En cause : le coup de pression de l'état-major et du principal parti d'opposition, qui le considèrent affaibli depuis sa défaite militaire face à l'Azerbaïdjan.

L'Arménie en proie à ses divisions internes. Le gouvernement au pouvoir, par la voix du Premier ministre Nikol Pachinian, a dénoncé jeudi une tentative de coup d'État militaire et limogé son chef d'état-major. En cause : la requête de l'armée et de l'opposition, qui réclame ce jeudi la tête du gouvernement.

"Je considère que la déclaration de l'état-major est une tentative de coup d'État militaire. J'invite tous nos partisans à se rassembler place de la République" à Erevan, a écrit sur sa page Facebook Nikol Pachinian. Ce dernier s'est rendu sur place en milieu de matinée, à la tête d'une marche rassemblant ses partisans. "La situation est tendue mais tout le monde est d'accord qu'il ne doit pas y avoir d'affrontements (...)  la situation est gérable", a-t-il lancé, s'exprimant par mégaphone.

"Pachinian a une dernière chance de partir"

Pas sûr que ses opposants partagent son avis : "Nous appelons Nikol Pachinian à ne pas mener le pays vers la guerre civile et une effusion de sang. Pachinian a une dernière chance de partir sans qu'il n'y ait de troubles", a jugé le parti Arménie Prospère, principale formation d'opposition, après l'appel de l'état-major de l'armée à une démission du chef de gouvernement. Pour désamorcer la crise, Armen Sarkissian, le président arménien, a pris la parole à la mi-journée. "Je prends des mesures urgentes pour désamorcer les tensions", a déclaré sans les préciser Armen Sarkissian, dont les fonctions sont largement honorifiques. "J'appelle chacun -organes d'Etat, forces de l'ordre, forces politiques et tous les citoyens- à la retenue et au bon sens", a-t-il ajouté.

L'escalade entre les deux camps a débuté mercredi. Nikol Pachinian a limogé un adjoint du général Gasparian, ce qui a conduit l'état-major à réclamer sa démission, jugeant que le Premier ministre "n'est plus en mesure de prendre les décisions qui s'imposent". Désormais électrique, la relation entre les deux partis était déjà vive ces derniers mois. Le Premier ministre arménien est en effet sous la pression de l'opposition qui réclame sa démission depuis la défaite militaire de l'Arménie face à l'Azerbaïdjan à l'automne 2020 dans le conflit du Nagorny Karabakh.

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À l'époque, confrontée au risque d'une débâcle, l'armée avait demandé au chef du gouvernement d'accepter les conditions d'un cessez-le-feu négocié par le président russe Vladimir Poutine et qui impliquaient d'importantes pertes territoriales pour l'Arménie. Erevan contrôle de facto encore, grâce à la présence de séparatistes arméniens, l'essentiel de la région azerbaïdjanaise du Nagorny Karabakh. Mais l'Arménie a perdu lors d'un conflit de 2020 la ville symbole de Choucha, ainsi qu'un glacis de régions azerbaïdjanaises entourant le Karabakh. Cette défaite a été vécue comme une humiliation nationale.

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