Armes chimiques : "la Syrie n'avait pas à déclarer la possession de chlore"

Armes chimiques : "la Syrie n'avait pas à déclarer la possession de chlore"

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INTERVIEW - Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir des "indications évoquant l'utilisation - par le régime syrien - d'un produit chimique industriel toxique", le dichlore. Pourtant, le démantèlement de l'arsenal d'armes chimiques syrien, en cours, doit être terminé d'ici au 30 juin. Metronews fait le point avec Christian Chartier, porte-parole de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), chargée de superviser ce démantèlement.

La Coalition nationale syrienne (CNS) aurait demandé une enquête à l'OIAC. Avez-vous bien reçu cette demande?
Je l'ignore mais, quand bien même ce serait le cas, l'OIAC n'est pas habilitée à la recevoir. D'un point de vue juridique, on ne peut intervenir qu'à la demande d'un état membre. Or, la CNS est un groupe non étatique.

Mais, où en est le démantèlement des armes chimiques en Syrie ?
Il comprend plusieurs niveaux. Le premier consistait à rendre inopérables tous les centres de production et de stockage de produits chimiques, ce qui a été fait fin octobre. Le deuxième niveau correspond à la destruction des 1.500 munitions non chargées, ce qui a été fait. Le dernier palier, le plus important, est la destruction des substances chimiques. Elle se déroule en deux temps : évacuation hors du pays puis destruction. L'opération d'évacuation aurait dû être terminée le 5 février mais il reste encore 20% des substances chimiques à exporter. Une fois évacuées, les armes seront transportées vers les lieux de destruction désignés : des compagnies privées, l'une en Finlande, l'autre aux Etats-Unis, pour les substances les moins nocives. Pour les plus toxiques, notamment le gaz moutarde, elles seront détruites à bord d'un navire américain spécialement aménagé.

Comment le dichlore (chlore à l'état gazeux) a t-il pu échapper à ce démantèlement ?
Le dichlore ne fait pas partie de ce qu'on appelle les armes chimiques. C'est un gaz industriel parfaitement banal qui est utilisé quotidiennement dans le monde entier, à doses modérées. Sa possession est licite tant qu'il n'est pas utilisé à des fins militaires ou belliqueuses. La Syrie n'avait donc pas à le déclarer.

La date butoir retenue pour le démantèlement de l'arsenal chimique, le 30 juin prochain, sera t-elle respectée ?
A ce rythme, à raison de deux à trois livraisons par semaine, ce délai est tenable. Mais la date cruciale sera finalement le jour où l'on pourra annoncer que toutes les substances chimiques ont quitté le territoire syrien, et non pas le jour où elles seront détruites.

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