"Arrêtez de nous voler notre avenir" : en Belgique, nouveau jeudi de mobilisation des écoliers pour le climat

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JEUNESSE MOBILISÉE – Depuis un mois, les Belges se mobilisent pour le climat. Plus particulièrement les écoliers qui, chaque jeudi, sèchent les cours et battent le pavé pour demander aux politiques d’agir pour la planète.

Faire l’école buissonnière pour sauver l’atmosphère. C’est le pari des écoliers belges. Depuis un mois, ces derniers quittent leurs établissements scolaires et se rendent dans la rue pour alerter le gouvernement sur l’état de la planète. Ce jeudi janvier ils descendront à nouveau dans la rue. La semaine dernière, ils étaient près de 35.000 à battre le pavé selon les autorités.


Au début du mois, le 10 janvier, lorsqu’Anuna De Wever a lancé le mouvement "Grèves scolaires pour le climat", ils n’étaient que 3000 à sécher les cours. Ils sont désormais dix fois plus et ne comptent pas s’arrêter. 

C’est l’appel de Greta Thunberg la jeune activiste suédoise de 16 ans, qui a poussé Anuna De Wever à passer à l’action. Comme elle le confie à la RTBF, la radio-télévision belge, elle aurait été "séduite" par l'appel à boycotter les classes une fois par semaine. Une action qu’elle avoue ne pas trouver normal. "Nous savons que nous enfreignons les règles." 


Mais pour la jeune fille d’origine flamande, cette action pointe du doigt "la contradiction" entre aller à l’école et voir son avenir altéré par une politique impuissante face au dérèglement climatique. Un combat qui a dépassé les frontières linguistiques du pays. Comme le relate la presse belge, c’est Adélaïde Charlier, une adolescente Namuroise, qui coordonne le mouvement du côté francophone. 

Soutien dans les hautes sphères

Les classes se vident un peu plus chaque jeudi. Dans les cortèges, les élèves en colère utilisent leur jeune créativité pour trouver des slogans puissants. "Changer le système, pas le climat", peut-on lire en anglais, comme le montrent les photos des médias locaux et les réseaux sociaux. "Il n’y pas de plan-ète B", prévient une pancarte. Une autre : "Faites partie de la solution, pas de la pollution." Certains manifestants ont même écrit "1000 degrés seulement dans la soirée", en hommage au rappeur belge Roméo Elvis et sa chanson 1000°, qu’il chante avec l’artiste français Lomepal. 


Car lui aussi a choisi de faire bouger les choses. Et ce notamment avec le hashtag #MaGourdeAMoi et une pétition en ligne. Lancée il y a près de deux semaines, elle appelle à supprimer les bouteilles en plastique… dans les écoles ! Et demande à ce que soit promue dans chaque établissement scolaire publique l’utilisation de la gourde. Avec quelques 28.000 signatures, elle a été relayée chez les jeunes. Dans leurs écoles, le message "achète toi une gourde !" ou "en panne pour le climat" s’affiche sur les distributeurs de boissons. 

Un message entendu dans les plus hautes sphères. Le roi Philippe a lui-même salué l’initiative, comme le relate le quotidien belge Le Soir. Dans son discours aux autorités, ce 29 janvier, il a considéré que ces jeunes avaient "une conscience aiguë des besoins de notre planète". Avant de lancer un conseil avisé aux autorités : "Donnons-leur la place qu’ils méritent et établissons avec eux le socle solide sur lequel ils pourront s’appuyer."

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