Assassinat de JFK : pourquoi l'administration Trump repousse (encore) la publication de certains documents

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ÉTATS-UNIS – L'administration Trump a publié ce jeudi 2.891 dossiers sur l'assassinat du président américain, reportant toutefois de six mois la divulgation de certains documents jugés trop "sensibles". Des documents qui mettraient à mal en particulier le FBI et la CIA.

Attention, dossiers "sensibles". C'est en substance la raison pour laquelle l'administration Trump a décidé, jeudi, de repousser la publication d'environ 200 documents relatifs à l'assassinat de John F. Kennedy. Une surprise de dernière minute imputable à la CIA et au FBI, qui ont posé leur veto. De peur d'être éclaboussés par des secrets vieux d'un demi-siècle ?


C'est en tout cas la raison invoquée par tous ceux qui, de près ou de loin, se sont penchés sur la mort de John F. Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas, au Texas. En coulisses, l'administration Trump a fait savoir jeudi soir qu'"il reste des informations sensibles dans les dossiers", notamment sur des informateurs et "des activités menées avec le soutien d'organisations étrangères partenaires, des services de renseignement ou de police". "Je n’avais pas le choix", a justifié Donald Trump lui-même, évoquant le risque de "dégâts potentiellement irréversibles pour la sécurité nationale".

La CIA alertée par son antenne locale

Il faut dire que certains de ces dossiers risquent d'écorner quelques réputations. En particulier celle de la CIA : les documents comportent le compte-rendu d'une réunion où le chef de l'agence explique que ses services étudient les possibilités de saboter des pièces aéronautiques destinées à être envoyées depuis le Canada à Cuba. Mais surtout, c'est le séjour au Mexique de Lee Harvey Oswald, considéré comme l'assassin de JFK, deux mois avant sa mort, qui pose question. A Mexico, Oswald s’est en effet rendu à l’ambassade de Cuba, où il a vraisemblablement rencontré des responsables soviétiques et cubains. La CIA a bien été alertée par son antenne locale.


Le FBI, lui aussi, pourrait se voir critiquer pour sa gestion de l'affaire. Une information dévoilée jeudi dans la première salve de documents donne le ton : après avoir arrêté Oswald, le FBI a reçu l'appel d'un individu affirmant appartenir à un groupe chargé de tuer le suspect. Un coup de fil visiblement pas pris au sérieux, puisque Lee Harvey Oswald sera assassiné à son tour deux jours après son arrestation.

"Les Américains méritent un accès aussi large que possible à ces dossiers"

"Il pourrait y avoir de nombreuses nouvelles informations, je pense, sur l'ampleur de ce que savait le gouvernement avant l'assassinat au sujet de Lee Harvey Oswald", a indiqué mercredi Philip Shenon, auteur de "A Cruel and Shocking Act : the Secret History of the Kennedy Assassination". Selon lui, Oswald était "surveillé de près par la CIA". "La question est : que savait la CIA en temps réel, des semaines avant l'assassinat ?".


Seule certitude : si la Maison Blanche a donné six mois aux services pour "caviarder" les ultimes pièces, nul doute que celles-ci sortiront. D'une part pour satisfaire l'opinion publique. En effet, d'après un sondage Gallup publié en 2013 à l'occasion du cinquantenaire de la mort de JFK, 61% des Américains pensaient encore qu'Oswald n'était pas le seul assassin. "Les Américains attendent, et méritent, que leur gouvernement offre un accès aussi large que possible" à ces dossiers, afin d'être "informés sur tous les aspects de cet événement décisif", a écrit Donald Trump jeudi. 

"Deep state"

Un président qui, d'autre part, a peut-être un désir de revanche personnel… Depuis son arrivée au pouvoir, les relations entre Donald Trump et les services de renseignements ne sont en effet pas au beau fixe. En particulier depuis l'affaire de l'ingérence russe dans la présidentielle : les services de renseignements américains avaient la conviction qu'il y a avait eu des "interactions" entre l'entourage de Trump et des cadres de Moscou. De même, James Comey, le patron du FBI limogé avec fracas par Trump le 9 mai, avait confirmé en mars une enquête sur des interférences russes dans la campagne. 


Dans l'entourage du président, certains avaient également eu des mots durs, accusant le "deep state" - cette prétendue alliance clandestine de cadres de la CIA, du FBI et du Pentagone - de chercher à saboter la présidence Trump. "Le deep state est réel, illégal et il menace la sécurité nationale", a par exemple publié le président sur Twitter en juillet 

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