Assassinat de Kennedy : qui était Lee Harvey Oswald, le tueur sur lequel devrait porter l’essentiel des nouvelles déclassifications ?

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ETATS UNIS - Des milliers de documents sur l'assassinat du président américain John F. Kennedy doivent être publiés jeudi sur Internet. Au programme : des détails jusqu'à présent inconnus sur Lee Harvey Oswald et, notamment, sur le voyage à Mexico du tueur, environ sept semaines avant le drame.

Le 22 novembre 1963, à 12h30, John Fitzgerald Kennedy est assassiné à Dallas. Deux jours plus tard, Lee Harvey Oswald décède à son tour, abattu à la sortie d'un interrogatoire avec la police. Le jeune homme, soupçonné d'avoir tué le 35e président des Etats-Unis, n'aura pas eu le temps de livrer ses vérités. Et continue d'alimenter depuis des décennies les théories sur une conspiration, certains doutant qu'il ait agi seul.


La dizaine de milliers de documents déclassifiés et jusque-là réservés à la commission Warren, créée dans les jous qui suivent pour enquêter sur les circonstances de l'assassinat du président Kennedy, et qui avait conclu en 1964 à la culpabilité de Lee Harvey Oswald, va-t-elle mettre à mal ces théories ? Peut-être car le jeune Marine est au centre de ces révélations.

Né à la Nouvelle-Orléans en 1939, le jeune homme s'intéresse au marxisme dès ses 15 ans. Cela ne l'empêche pas d'engager avec les Marines à 17 ans. Sa carrière tourne court, la jeune recrue se retrouvant en cour martiale deux fois à quelques mois d'intervalles. A 20 ans, prétextant que sa mère est souffrante et qu'il est son seul soutien, il parvient à quitter l'armée. En réalité, il prend la route de l'URSS où, après avoir tenté de se suicider suite à un refus des autorités de lui accorder un droit de séjour, il obtient un feu vert pour s'installer à Minsk. Il y restera entre octobre 1959 et juin 1962 jusqu'à ce que, excédé d’être suivi par le KGB , il décide de rentrer aux Etats-Unis.


De retour sur le sol américain, en compagnie de son épouse rencontrée à Minsk et de leur enfant, l'ancien militaire poursuit sa vie mouvementée. Après s'être procuré un revolver, il prépare l'assassinat du général Walker, un anti-communiste notoire. En avril 1963, Oswald manque son tir de peu et parvient à s'échapper. Ce ne sera qu'après sa mort que les enquêteurs découvriront qu'il était l'instigateur de cet assassinat manqué. 


Après quatre mois à la Nouvelle-Orléans, il se rend au Mexique. Objectif ? Obtenir un visa vers Cuba. L'ambassade lui refuse, de même que celle de l'URSS. Après plusieurs jours de va-et-vient entre les deux ambassades, Oswald retourne finalement à Dallas. Aussi bref soit-il, ce périple est - depuis l'assassinat de Kennedy - l'objet de toutes les spéculations.

"Durant ce séjour, il va rencontrer des diplomates et des espions russes ou cubains, nous explique Corentin Cellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste de politique américaine. Il va avoir une attitude assez incohérente mais déjà très menaçante." Et d'ajouter : "On sait depuis que la CIA "locale" a signalé sa présence et que cela n'a pas été suivi d'effets. Depuis, l'attitude de l'Agence centrale du renseignement interroge, en particulier durant l'enquête de la commission Warren. La CIA n'a-t-elle pas cherché à cacher des choses ?"


"A Mexico, il a fait part de son intention de tuer Kennedy. Si la CIA savait, a-t-elle omis de transmettre l'information ? Le cafouillage a pu se produire à Mexico ou à Washington mais, quoi qu'il en soit, ils ont tout essayé pour en effacer la simple mention", a raconté au Figaro Philip Shenon, historien et ancien correspondant du New York ­Times. De retour du Mexique, le jeune homme végète à Dallas, jusqu'à ce qu'il apprenne que le président des Etats-Unis va se rendre sur place. Oswald sera arrêté peu après l'assassinat de Kennedy et le meurtre d'un policier de Dallas qui s'approchait de lui. Il a été abattu deux jours plus tard par Jack Ruby, propriétaire d'une boite de nuit, qui l'attendait à la sortie de son interrogatoire.

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