Assassinat de Samuel Paty : son bourreau enterré en Tchétchénie dans son village d'origine

Assassinat de Samuel Paty : son bourreau enterré en Tchétchénie dans son village d'origine

INTERNATIONAL - Abdoullakh Anzorov, le terroriste qui a décapité le professeur Samuel Paty en octobre dernier, a été enterré ce dimanche dans son village d'origine en Tchétchénie, comme en attestent plusieurs vidéos.

Une large foule dans un paysage enneigé portant le cercueil d'un terroriste. Plusieurs vidéos publiées ce dimanche 6 décembre sur Telegram assurent qu'Abdoullakh Anzorov, ce réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans qui avait décapité Samuel Paty le 16 octobre, a été enterré à Chalaji, village dont il était originaire. En légende, la très populaire chaîne Baza précise que quelques centaines de personnes ont participé aux obsèques qui se sont déroulées "avec les honneurs". 

Il s'agirait en effet bien de ce jeune meurtrier qui avait tué un professeur pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors de cours sur la liberté d'expression. Dès le samedi 5 décembre, un compte Instagram tchétchène pro-gouvernement a ainsi rapporté, photos à l'appui, que le cadavre de l'assaillant, abattu en France par la police, avait été livré de France en Tchétchénie.

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Plusieurs sources Telegram

Des images qui ont été publiées un jour avant cet enterrement, dont les vidéos ont été diffusées par au moins deux comptes de la messagerie Telegram. Des événements également corroborés par plusieurs médias russes. Selon le site russophone Kavkazski Ouzel, le jeune homme a e effet été enterré à Chalaji, un village situé une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale Grozny. Ce site spécialisé sur le Caucase confirme également que l'accès au village avait été bloqué par les autorités le temps de l'enterrement, avec plus de 60 policiers déployés. 200 personnes étaient tout de même présentes, comme le montrent les images. Il s'agirait des parents et proches de la famille.

Si plusieurs chaînes Télégram se sont fait l'écho des événements, les médias officiels tchétchènes n'ont, pour leur part, parlé ni du rapatriement du corps, ni de l'enterrement, ni du blocage du village, a relevé Kavkazski Ouzel. Pour la chaîne Telegram 1ADAT, opposées aux autorités tchétchènes, ce silence s'explique par interdiction aux médias de couvrir les obsèques. "Dès l'arrivée du corps (...) personne n'a été autorisé à entrer dans le village, à l'exception de ceux qui y habitent", affirment les auteurs de la chaîne, qui a publié trois courtes vidéos de l'enterrement. Quant à savoir si l'assaillant de Conflans-Sainte-Honorine a été enterré avec les "hommages", comme l'écrit la chaine Baza, rien ne permet pour l'instant de l'assurer. Interrogée sur la question, une membre du "Conseil des droits de l'homme de Tchétchénie", assure à RIA Novosti, l'une des principales agences russes, qu'une cérémonie a eu lieu, suivant les rites musulmans, sans toutefois préciser s'il y a eu un hommage en particulier.

Les autorités russes ont quant à elle dit ne rien savoir sur le sujet. Le porte-parole du Kremlin, cité par l'agence russe Interfax, a déclaré n'avoir "aucune information" quant à ce sujet et n'a pas précisé si les informations diffusées étaient "fiables". Dmitri Peskov a toutefois réaffirmé la position du gouvernement, rappelant devant les journalistes qu'il s'agit "d'un meurtrier, d'un terroriste". "Et ces actes sont condamnés et absolument inacceptables." Contacté par LCI, le Quai d'Orsay n'était quant à lui pas joignable dans l'immédiat. 

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"L'ambiguité" tchétchenne

Reste que, d'ores et déjà, des médias locaux s'inquiètent que ce terroriste ne devienne un "héros national de la Tchétchénie", pour reprendre le titre de Novaïa Gazeta. Le journal indépendant russe rappelle qu'il y a bien eu des marques de soutien dans la population tchétchène vis-à-vis du terroriste. Et se remémore la réaction du Président de la République de Tchétchénie après l'attaque de Conflans-Sainte-Honorine. En octobre dernier, Ramzan Kadyrov avait condamné cet acte sanglant tout en critiquant  ouvertement la position d'Emmanuel Macron au sujet des caricatures du prophène de l'islam, estimant qu'il poussait les musulmans "vers le terrorisme". 

En vidéo

VIDÉO - Portrait de Samuel Paty, professeur et homme de dialogue

Une ambiguïté des autorités tchétchènes qui n'est pas nouvelle. Décrite par le correspondant du Monde à Moscou, il rappelait notamment que parmi la communauté musulmane russe, celle du Caucase du Nord a clairement suivi la ligne "khabib", de l'islam, jusqu'à "faire du terroriste un 'héros'". Fervent défenseur de cette pensée, Ramzan Kadyrov, qui avait organisé une manifestation en 2015 contre la publication de caricatures de Mahomet.

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